Le Dieu oiseau – La colère terrible des dieux, la cruauté sans nom des hommes

Genre : Dark Fantasy

Editeur : Scrineo

Résumé : le-dieu-oiseau-1035838-264-432.jpg

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires.

Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d’avenir est de participer à la compétition de « l’homme-oiseau », afin de renverser l’équilibre des pouvoirs en place et de se venger.

Qui du maître ou de l’esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l’île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Mon ressenti : 

Cela fait un moment qu’un livre ne m’avait pas collé quelques petits frissons d’excitation (morbides). Ou ne m’avait fasciné par son aspect macabre. J’ai une sorte d’immunité étrange face à l’horreur.

Ce livre est le premier d’Aurélie Wellenstein que je lis et ne sera clairement pas le dernier puisqu’il a frôlé le coup de cœur et parce que j’attaquerai bientôt le Roi de Fauves. Je remercie Les Fantasy D’Amanda pour m’avoir fait connaitre ces deux titres.

Clairement inspiré de la civilisation aztèque, l’immersion dans ce récit sombre, violent, et original par certains aspects est très réussie. Oubliez toutes les règles de bienséance et d’humanité, nous sommes en plein cœur de la laideur des hommes et dans leurs sauvagerie.

Allant droit au but, j’ai beaucoup aimé l’écriture fluide et addictive de l’auteure. Elle décrit bien l’environnement du personnage, nous donne la sensation de voir et de sentir ce qu’il y a autour de lui, permettant à divers moments haletants de parfaitement faire effet. Ou encore aux émotions de nous percuter, voire de (me faire) jubiler.

Ses pouces trouvèrent les yeux de l’homme et il les enfonça profondément dans les orbites. Il sentit la résistance gluante des globes oculaires, puis leur éclatement mou et spongieux…

Les personnages sont le plus bel atout du livre. Torok est l’un des êtres les plus abominables et tordus qu’il a été donné de découvrir. D’une perversion profondément malsaine, même les vers ne voudraient pas du cœur de ce jeune homme qui, lors d’un funeste banquet, alors que Faolan enfant, voyait sa famille se faire déchiqueter, a choisi de l’avoir auprès de lui à cause de la beauté de ses yeux bleus. Quand on lit tout ce qu’il lui a fait, il est clair qu’il aurait mieux fait de le laisser se faire tuer.

Il tendit la main vers son visage. Faolan ne parvint pas à bouger. Il était pétrifié par la peur. Il crut que son maître allait lui écraser la tête contre le poteau afin de le maintenir pendant qu’il officierait, mais avec une délicatesse étrange, il lui caressa la joue. 

_Tu seras toujours avec moi, lui dit-il.

Ses doigts s’enroulèrent dans ses cheveux. 

_Regarde moi dans les yeux. Je veux voir la vie en partir. 

Dix ans à supporter un esclavage brisant le corps, l’âme et l’esprit, au delà de ce que l’on peut comprendre et imaginer et pourtant Faolan, durant ces pages, ne se lamente pas. D’une force mentale que j’ai trouvé incroyable, se reculant au plus profond de lui même pour tenir, son désir pur et brut de vengeance est implacable. 

La colère gronde quand on lit les injustices qu’il subit, celles mentales aussi déchirantes que celles physiques, et il suffit d’être du genre revanchard pour prier (je dis bien prier), pour qu’il broie son tortionnaire et le foule comme la boue des rues.

La compétition se révélera intéressante et éreintante, les affrontements puissants et de toute beauté. Si vous êtes complètement immergés dans l’histoire, les coups cogneront juste à côté de vous. Par ailleurs, les autres personnages ne seront pas plus épargnés par l’auteure, ce que j’ai beaucoup aimé aussi. Et n’allant pas dans la facilité, elle étale la psychologie de Faolan pour nous faire douter, et nous interroger.

Sans en dire plus, j’ajouterai que ce livre est très appuyé sur l’aspect psychologique, et sur les croyances des hommes. Il suffit que tous croient durs comme fer en la colère de dieux terribles pour justifier des actes de barbaries sans nom (viol, cannibalisme, tueries, rites sacrificiels, plaisirs malsains). Et il suffit d’un homme si meurtri qu’il n’a plus rien de sain dans la chair, à part un soupçon de lucidité, pour que le voile tombe.

La fin pourra être jugée abrupte, mais je l’ai apprécié.

Affinités : 

Si vous ne l’aviez pas encore compris, je vous le dit : je pense que ce livre n’est pas pour tout le monde. Il peut convenir à des jeunes, oui, mais à des jeunes avertis. Si un malheureux feuillette le livre sans rien savoir, il aura un choc. Si vous aimez la fantasy plus sombre, que vous n’avez pas peur des massacres, du cannibalisme et de personnages plus sombres et abîmés que bons et gentils (il y en a très exactement aucun de bons, dedans), ce livre a de fortes chances de vous plaire. 

Ma note : 19/20

28 réflexions sur « Le Dieu oiseau – La colère terrible des dieux, la cruauté sans nom des hommes »

      1. Ce n’est pas de l’horreur, enfin, pas à mon sens. Je n’ai pas trouvé que le but de l’auteure était de faire/créer la peur comme dans chair de poule par exemple ou d’autres genres de l’épouvante.
        Mais il y a des éléments horribles dedans, ça s’est sûr. Et oui c’est surtout psychologique.

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      2. 😅😂 Bon, ben… Je t’en reparle bientôt. Peut-être que j’aimerai mais fallait que je teste un roman de cette autrice depuis le temps.

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  1. Ravie de voir que ce roman t’a plu 🙂 ! Nous avons globalement le même ressenti, notamment sur la psychologie développé des personnages et le côté dur de l’histoire.

    J’espère que tu feras d’aussi belles découvertes en piochant dans les autres publications de l’auteure. En tout cas, je te conseille Le Roi des Fauves et Mers mortes sans hésitation 😉

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    1. Oui, j’ai dit justement que c’était sur ton blog que j’avais vu le Dieu oiseau et le Roi des Fauves. Donc je vais bientôt lire le deuxième vu comment j’ai aimé le premier. Pour Mers mortes, j’en ai entendu beaucoup de bien, donc je le garde en tête, mais je comptais essayer Les loups chantants d’abord.

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      1. Du coup je vais te poser la question (ça me turlupine vraiment), comment interprète-tu le deuxième extrait que j’ai mis ? Parce que pour le coup, je m’attendais à ce qu’il lui fracasse le crâne aussi.

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      2. Du coup, j’ai relu le passage en question, mais je t’avoue que ça ne m’avait pas choquée. Torok est complètement cinglé, il confond amour et perversité, donc ce genre de gestes ne m’étonne pas venant de lui 😉.
        Puis, il doit lui arracher le cœur, pas lui défoncer le crâne, c’est peut-être pour ça 😉.

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      3. Mdr, on est bien d’accord il est complètement cinglé. J’avais aussi cette sensation d’amour pervers, donc pour voir si j’étais la seule, je te l’ai demandé. Parce que je me suis dit que si l’auteure n’avait pas voulu accentué son côté détraqué mentale sous l’aspect qu’il confond justement l’amour et la perversion (ou même que sa perversion est sa façon d’aimer), elle ne l’aurait pas mis. Merci pour ton avis 😉

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  2. Wow ! Sacrée critique ! Bon bah c’est engageant ! ^^ Je vais tester ce livre ce mois-ci (emprunté à la bib). Je suis curieuse de découvrir ce titre même si c’est sombre et avec du cannibalisme. A voir ! J’espère accrocher autant que toi.

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    1. J’ai vraiment hâte de voir s’il t’aura plus autant qu’à moi 🤗 Je l’ai commandé en papier parce que vraiment il a frôlé le coup de cœur. J’ai pris d’autres livres de l’auteur directement en papier lors d’un petit shopping livresque en espérant aimer autant que celui-là. Ça fait bien de lire un livre où les gens ne sont vraiment pas bons et où l’aspect psychologique est bien étoffé. En gros, je préfère les psychopathes (dis comme ça je passe pour une folle 😂 mais là où je veux en venir c’est qu’en général les méchants sont juste bêtement méchants, classiques lisses et fades. Les gentils sont bons jusqu’au bout des ongles, aucune nuance. Je veux bien entendre que dans la réalité la majorité des gens sont sympas mais quand même…).

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      1. Je suis en train de le lire et, pour le moment, j’aime beaucoup. Le héros va participer à l’épreuve de l’oeuf d’or, là.^^ Son maître était vraiment un personnage marquant ! Un vrai antagoniste bien ficelé.
        Je comprends que tu veuilles l’acheter en papier après avoir autant accroché.
        Nan nan mais je vois carrément ce que tu veux dire pour le méchant psycho.^^ Et je te rejoins. Les VRAIS méchants plutôt que ceux qui jouent un simple rôle sont les meilleurs.

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      2. Mdrrr comme moi quoi ! J’avais envie de mettre 20/20 mais j’ai mis 18 au final, mais c’est un presque coup de cœur ! Tant il est bon ! Je pense que c’est mon envie de plus qui a fait que je n’ai pas mis 20 mdr bon dilemme à toi !

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