La romance et ses déboires dans tous ses états

Bonjour tout le monde. Comment allez-vous ?

Avant toute chose, éclaircissons quatre points :

  1. Ce que je vais aborder dans cet article me tient à cœur. Et que vous soyez adeptes du même genre de lecture que moi ou non, tout le monde peut en discuter, surtout vers la fin de l’article.
  2. Ce titre est large, car mon article traitera de divers thèmes (de la façon la plus condensée possible), mais tournera autour du yaoi principalement.
  3. Voyez cet article comme une lettre ouverte d’une lectrice à d’autres. Ce n’est ni une étude sociologique (pas de calculs, diagrammes etc), ni une opinion ayant la prétention d’être le savoir universel. Il s’agit de la mienne confrontées à celles des autres personnes. Que ce soit sur les réseaux, dans mon entourage ou du côté des « professionnels ». Merci à toutes les personnes ayant eu la gentillesse de me répondre 🙂
  4. Je n’ai pas inventé la bombe nucléaire. Si vous êtes chanceux, peut-être découvrirez-vous dans cet article 1% de choses que vous ignoriez. Ou alors vous le prendrez pour ce qu’il est : un échange écrit et argumenté de partage d’idées.

Contexte

Je me suis souvent demandé : pourquoi est-ce que j’aime le yaoi ? Qu’est-ce qui m’attire dedans ? Et mes amies (deux qui en lisent) qu’est ce qui leur plait dans ça ? Et les autres, pourquoi ils n’en lisent pas ? Pourrais-je en parler autour de moi ? A mes amis ? Parents ? Comment me percevra-t-on ? Et dans les librairies, sommes-nous considérés comme des déviants ?

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Pitch personnel

Je lis des yaoi depuis mes 13 ans. Pour la petite histoire, je suis tombée dans ce chaudron par hasard. Je cherchais des images de Bleach, je suis tombée sur une fanfiction avec images yaoi de Bleach. Et comme j’ai toujours été dans mes pensées à me créer des couples de manga dans ma tête bien avant tout ça, quand j’ai pris conscience de l’effet version boyxboy, j’étais comme ça :

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Et au final, après ma phase images, fanfictions, amv, dojinshi, yaoi, par la création de MxM Bookmark j’ai pu lire mon premier « vrai » roman de ce style : Les chroniques de Ren (complètement par hasard aussi, je n’avais pas lu le résumé).

Mais qu’est-ce qui (te) plait dans le yaoi ?

Cette question a gonflé encore plus après avoir lu (il y a plus de trois ans) quelques articles sur l’expansion du yaoi en France. Il est de notoriété publique que la France est le 2e pays mondial, consommateur de manga (le 1er étant le Japon); alors il est logique que le boom du yaoi ait fait couler des encres.

Je n’ai toujours pas de réponse qui paraîtrait « acceptable » à un non-initié, je pense. Ou quelque chose qui sonnerait « noble » à ses oreilles. Ma subjectivité a tant joué pour ce genre que j’ai beau réfléchir, rien ne vient… à part ma classique trinité de jeunesse :

→ BBB : belles histoires de beaux garçons bien dessinées.

Plus sérieusement. J’ai pu lire des articles parlant du fait que le yaoi sert à lire ses fantasmes, à la pédagogie sexuelle, d’émancipation de la femme et de l’image ultra soumise d’elle ou de « corps-objets » et bien d’autres. Si vous voulez, vous pouvez retrouver un en guise d’exemple ici.

Je ne suis pas vraiment dans ce courant. Quand j’achète de l’homo-romance, c’est pour m’évader, pour lire parce qu’à mes yeux, hommes ou femmes, ça n’a pas d’importance. Seuls l’histoire, le fond et le développement des émotions priment. Je ne me pose pas plus de questions.

Et pour mon petit côté superficiel, je ne lis que les yaoi dont j’apprécie les dessins (mais ça, c’est même dans les autres genres). Il suffit que le trait de la mangaka ne me plaise pas pour que je ne le lise pas (oui, vous pouvez trouver ça bête, mais en général, ledit manga que j’ai mis de côté rien que pour ça ne m’aurait effectivement pas plût, même si je l’avais lu, comment, je le sais ? Les avis).

Bref. L’échange m’a fait voir que ce genre a aussi acquis un lectorat parce que la romance hétérosexuelle lassait ou horripilait (personnage féminin niais/ insupportable, redondance de schéma narratif, soumission de la femme, fille naïve face au bad boy (mal élevé) qui la fera fondre) et ils ont trouvé un vent de fraîcheur dans le yaoi.

Pour une bonne partie, l’idée que ça puisse les lasser est bien loin, pour d’autres, la lassitude se fait déjà sentir. Quelques uns retrouvent ce qu’ils n’aimaient pas dans les romances hétérosexuelles dans celles-ci (triangle, voire carré amoureux, côté « midinette »). Et encore, pour d’autres qui sont de base des gens tatillons, leurs goûts qui ne cessent de « s’aiguiser » sont moins souvent satisfaits. Exemple ? Moi.

Attention, je ne prône pas le monopole du bon goût, du tout.

Chacun lit ce qui lui plait. J’ai juste remarqué que ma consommation de BL, au fil des années, n’a cessé de baisser. Je ne garde par exemple dans ma bibliothèque que ceux que j’aime vraiment. De même pour ma consommation de scan, elle a bien diminuée.

Parmi ceux qui lisent et aiment du yaoi, certains préfèrent les titres plus mignons et doux, pas parce qu’ils trouvent les autres choquants (travers sur lesquels je développerai plus bas ce côté) mais parce qu’ils s’y retrouvent un peu plus en réalité et ont plus de facilité à se mettre à la place des personnages. Le fait que ce soit des hommes n’est pas un obstacle, car ce sont principalement les sentiments et ce que les personnages vivent qui fait la magie, bien que tous ne soient pas représentatifs, que tous les titres ne plaisent pas forcément et qu’une dose de feeling non négligeable joue dans l’appréciation.

Par ailleurs, je me suis rendu compte, via des questions/ sondages que j’aurai du mal à proposer un yaoi à un non-initié. S’il cherche du soft, je dois en avoir 2-3 à tout casser de mémoire qui me reviendrait…(et encore). Je ne suis donc pas une lectrice lisant tout ce qui parait en France : la tranche de vie/ cadre lycéen, j’en lis au compte-goutte à présent. Plutôt dans le hard, celui que j’apprécie n’est pas pour autant du smut.

Le yaoi, c’est que du popotin !

Justement, non.

Et ça vaut pour toutes sortes d’histoires. Si vous voulez du popotin dans un genre, vous en trouverez, et si vous n’en voulez pas, qu’il n’y ait que des baisers ou encore que des effleurements et que tout soit implicite, c’est possible de dénicher ça aussi.

Le smut, en l’occurrence, est un genre qui me laisse de glace. Lire de la fesse pour de la fesse ne m’intéresse pas. D’où ma crainte avec D.S.P Roméo au tout début, que j’ai fini par apprécier à la fin, quand j’ai vu que la mangaka avait une histoire derrière tout ça. Si je dois lire du soft, il faut que ça se démarque par quelque chose, qu’il y ait un côté faisant tilter : Wild Rock ou Rêve de coucou (vraiment, j’ai pas lu plus soft, je crois, mais j’ai noté quelques titres pour essayer de m’adoucir).

D’autant plus que le yaoi évolue. Il y en a sur des thèmes intéressants : homoparentalité, handicap, coming-out, harcèlement scolaire, homophobie (titres proposés de ce genre de thématique : Qualia under the snow, Hidamari ga kikoeru).

Et là, un aspect pédagogique ou de soutien en ressort : dans le lectorat, il y en a eu ayant trouvé du réconfort et du rêve dans ces lectures. Ce qui est très positif et bon pour le moral. La lecture doit stimuler et faire du bien.

Si le yaoi permet à des lecteurs d’avoir leur dose d’endorphine, où est le problème ?

Le yaoi et le monde

Voici le « problème ».

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C’est vaste. Mais comprenez par-là, la perception du yaoi et de ses lecteurs à travers les yeux des autres n’en lisant pas. Le yaoi et les relations autour de soi. Il est revenu à plusieurs reprises que ceux lisant de l’homoromance ne le crient pas forcément sur les toits.

Pourquoi ?

  • La crainte d’être pris pour ce qu’on n »est pas et d’alimenter les débats sur sa personne.
  • Le fait que l’entourage n’en lise pas.
  • Les mentalités et le cocon éducatif : religion, idées fixes et bancales.
  • Être considéré comme un déviant.
  • En avoir honte ou en exprimer une forme de gêne.

De mon côté, j’ai grandi dans un carcan puritain, dans une zone géographique (un DOM) où les mentalités sont bloquées en l’an -900. Et où l’homophobie fait fureur, tandis que la « gay pride » n’existe pas (avant de venir en France, je ne pensais pas que ça existait vraiment cette manifestation). Donc vous vous dites, comment je suis tombée dans cette sauce quand même ? Eh bien, parce que je suis moi (ouais. C’est pas plus compliqué que ça).

Je prône surtout l’avis du : mêle-toi de tes affaires, et laisse les autres vivre.

Pour autant, mes amis savent que j’en lis. A l’époque où j’étais au collège, ils étaient trois à savoir. Puis au lycée, ça a fini par se savoir à l’échelle de la classe. J’ai trouvé ça gênant. Parce que je voyais que ces intelligents, considéraient cela comme de la perversion et autres joyeusetés du genre.

Vous avez déjà parlé à un mur ? Dites-vous ces blocs de ciment peint en blanc sont plus réceptifs que ceux à qui j’essayais d’expliquer mon point de vue.

Le dire à ma famille n’est pas envisageable. Ni maintenant, ni jamais. Et à présent, même s’il a fallu du temps, je suis moins mortifiée en allant à la librairie acheter des yaoi. Je n’ai plus à me briser la nuque pour prétexter regarder dans les seinen, alors que j’essaye de lire les titres yaoi (qui sont souvent une galère à atteindre vu ma taille).

Mais ce qui est positif, c’est que ce n’est pas le cas de tout le monde, certains n’en sont pas/plus gênés, et rosissent moins en parlant de ce style. Pour les plus chanceux, leur famille est au courant, et quelques membres en lisent même en appréciant le genre.

Toutefois, je ressens toujours une légère gêne quand j’essaye d’établir une propagande pro-MxM-Bookmark afin qu’on trouve leurs livres en librairie, comme tout autre livre « normaux ».

La normalité, c’est quoi ?

J’aurai aimé dire « une connerie », mais allons plus loin.

Sans pour autant partir dans une réflexion philosophique, à mes yeux, la normalité est une construction, un consensus d’une grande partie de la société trouvant que telle chose est bien, juste, et satisfait les mœurs du plus grand nombre. Ainsi édictée en case, frontière, cette normalité permet de savoir si ce que l’on fait est et reste conforme aux attentes de la société, s’il y a donc, d’une certaine façon, une similitude de critères de la masse dominante.

Ce qui reviendrait à qualifier d’anormal, tout ce qui ne rentrerait pas dans cette jolie case de normalité. Je vous passe la séquence histoire montrant toutes les horreurs causées pour cet aspect de normalité.

Pour autant, c’est cette frontière qui permet de savoir si le contenu d’un livre fera ou non polémique, s’il sera atrocement bien reçu ou pas…S’il aura droit à un autodafé. Et c’est selon cette même petite case que tout autour, ce qui n’y rentre pas, peut plus ou moins attirer l’œil du lecteur, sans le révulser, et être même, parfaitement bien reçu. Selon le degré de « déviance » que possède l’oeuvre, des appréciateurs apparaîtront, alors que, hors du contexte de la fiction, dans un plein pied de réalité, il est fort probable que tous, se liguent contre le thème « déviant ».

C’est ici aussi que joue la subjectivité, et si je ne sais pas trop pourquoi j’aime le yaoi, je sais sans l’ombre d’un doute ce que je n’aime pas dans ces histoires. Et étrangement, ces mêmes éléments « problématiques », se retrouvent dans d’autres supports aussi bien dans la romance hétérosexuelle (bit-lit, dark romance) ou non.

Les déboires et les polémiques

  • Le viol érotisé/romancé.

Je pourrai en parler des heures. Mais je vais faire simple. Toutes les cellules de mon corps détestent ce procédé dans une histoire, et cela fait dégringoler l’oeuvre dans mon estime. Il n’y a pas, pour moi, de « justification ». Un viol est un viol. C’est un crime. Alors le romancer, l’érotiser, le faire être accepté sans broncher par des personnages, comme si ce n’était pas un problème, n’est pas recevable.

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Le fait qu’il soit fictif n’excuse rien car l’image renvoyée est mauvaise. La manie qu’ont certains auteurs de faire le personnage, peu importe le support, subir les attouchements et plus de l’autre alors qu’il a dit NON et à la fin, le faire apprécier et penser un truc du genre « de toute façon, ça fait longtemps que je n’avais pas eu un coup pareil » est une pitoyable tentative de berner les gens, et fait rejaillir cette horrible phrase ; « les filles disent non pour se donner un genre, mais elles veulent toutes se faire toucher ». J’ai dit « les filles » car c’est un phrase de misogyne/ sexiste mais ça convient aussi pour les garçons, vu ce qu’il se passe dans les yaoi.

Selon les retours observés, parmi cette catégorie, il est possible de citer Minori no te et Viewfinder (qui me fait plus penser à un smut qu’autre chose).

De nouveau, je ne prône pas le savoir. Pour preuve, j’ai des torts : j‘ai connu les œuvres de Shungiku Nakamura (Junjou romantica et Sekaiichi Hatsukoi) vers mes 13 ans, je n’y ai pas fait plus attention que ça (en plus, j’y connaissais pas grand-chose à l’époque), je me suis surtout focalisée sur le côté comédie, et les œuvres sur lesquelles je tombais généralement en contenaient tout le temps. Donc, les ayant découvert il y a longtemps, le sentiment que j’ai envers eux n’est pas néfaste. Alors que, si je retentais ma chance maintenant, il y a peu de chance que je ne m’arrache pas les cheveux.

Pour cette catégorie, je prends en exemple opposé In these words, où le viol renforce l’aspect thriller du manga. La victime n’aime pas ce qu’elle subit, elle hait son tortionnaire, et le consentement clairement négatif n’est pas maquillé en soupe de positif par la suite. C’est cohérent et réaliste, la psyché des personnages n’a pas été mise à la poubelle.

Cela me fait me poser de sérieuses questions. Si même un viol « explicite » passe crème pour certains, qu’en est-il des viols « implicites » ? Ceux où le personnage est inconscient et se fait tripoter ? Le consentement donné à son partenaire (en couple, marié ou non) n’est pas perpétuel et immuable. C’est pourquoi, le viol conjugal a été reconnu. Quand on épouse quelqu’un, on ne lui dit pas oui pour les galipettes pour tous les instants de sa vie.

Quand quelqu’un dort, il est inconscient (sans rire). Il ne peut donc pas vous dire si oui ou non, il veut que vous le tripotiez. Il n’y a aucune pensée néfaste sans doute à ce moment-là, c’est juste pour pimenter le réveil ou pour faire sortir l’autre d’un cauchemar, mais il ne vous a pas dit « oui, tripote-moi. »

  • L’inceste et la pédophilie

Je ne vais pas m’aventurer longtemps dessus. Au contraire, je préférerais que certains réagissent sur les thèmes et donnent leur avis. Parce que Taifu l’avait reconnu dans une interview ici,  Super Lovers que je peux dire être mon yaoi préféré avec Totally captivated, est un titre qui fait polémique pour son rapprochement incestueux. Il est le premier yaoi que j’ai acheté (mais pas que j’ai lu) il y a fort longtemps. Peut-être ne vois-je pas le problème car je me voile la face…

Mais autant je vois directement ce qui cloche avec No money que j’ai vite arrêté et Loveless à cette même période, ainsi que d’autres titres que je ne citerai pas, autant c’est en lisant divers avis que j’ai commencé à comprendre en quoi Super Lovers posait problème. Le 11e tome va sortir en avril, c’est un tranche de vie très famille où Haru est affectueux avec tous ces frères (Ren a été adopté, il ne sont pas liés par le sang) et il ne voit pas Ren comme un « homme ». Mais plus Ren grandit, plus il commence à prendre conscience que ce n’est plus le petit garçon dont il aime s’occuper.

Il y a une forme d’interdépendance que j’ai remarquée dans ce manga car d’une manière ou d’une autre les deux se sentent horriblement seuls. La famille et les amitiés avec le quotidien sont au centre, l’auteure travaille la psychologie de tous ces personnages, l’adolescence de Ren, qui lui, voit Haru comme un homme et qui l’aime aussi, mais toujours aucune scène de galipettes. D’ailleurs, Ren ne voit pas Haru comme son frère. Bref, L’auteure a abordé un thème compliqué qui aurait pu vite virer au Lolicon/shotacon et autre déviances discutables. C’est mon point de vue, mais je sais que beaucoup ne seraient pas d’accord. L’histoire de degré d’anormalité dont je parlais plus haut joue peut-être.

  • Les personnages « tordus »

Jugez-moi coupable. J’adore les personnages tordus (n’écarquillez pas vos yeux). Qu’est-ce que j’entends par tordu ? Des personnages pour lesquels la normalité est une vague conception qui ne les atteint pas. Je tombe souvent sous le charme de l’antagoniste dans une histoire s’il est charismatique et bien travaillé. Et si ses motivations sont nobles, mais que sa manière de faire est criminelle, je fonds (je ne suis pas dingue, qui n’a pas apprécié Thanos dans Avengers Infinity Wars pour cette raison ? Eh bien c’était pareil pour le Sultan dans Rebelle du désert ).

Côté yaoi, les personnages de 10 count entrent dans cette catégorie de tordus pour moi. Haru de Super Lovers aussi. Si vous ne voyez toujours pas la substance de ma définition, pensez aux sociopathes… C’est un aspect tordu de personnalité. Froids, calmes, réfléchis, avec des actions contraires aux bonnes mœurs, car c’est ce qu’il faut pour atteindre leur but et qu’ils n’y voient pas de problème. Parce que, dans leur mode de pensée, il ne voit pas le côté dérangeant de leur action.

Je distingue les personnages tordus de ceux qui se sentent torturés intérieurement. La deuxième catégorie peut me plaire selon le thème. Ceux-là sont rongés par des sentiments, ils ont souvent un trop-plein d’émotions, ils sont à vifs, souffrent et se sentent incompris, très souvent.

Pour partager l’avis de l’un d’entre vous ayant fait un gros effort de définition, et que je remercie de nouveau, je vais mettre ce qu’il m’avait envoyé.

 

 

Mais alors…il y a un âge pour lire du yaoi ?

Je pense que pour cette section, un petit diagramme de pourcentage aurait été le bienvenu mais je préfère m’épargner. En réalité, ici aussi, c’est subjectif. Pour certains, lire du yaoi jeune est inenvisageable, pour d’autres, ça n’a pas été un soucis.

Dans les réponses que j’ai eu, sur 21 personnes :

  • 5 personnes avaient 18 ans + lors de leur première lecture d’un yaoi.
  • 4 personnes avaient 25 ans+.
  • 5 personnes avaient 13 ans + (4 pour 13 ans, 1 pour 16 ans).
  • 1 réponse ne m’a pas permis de savoir son âge car je n’avais aucune base pour soustraire les années ^^’.
  • Et 7 fulgurants « non » pour « lis-tu du yaoi ? »

Si la bienséance voudrait plutôt que nul ne commence le yaoi avant 18 ans, il apparaît clair qu’aucune règle établie n’existe, chacun lisant ce qu’il veut, quand il veut, dès lors qu’il s’en sent prêt.

Bien sûr, appâter quelqu’un avec du soft risque d’être plus efficace qu’avec du hard, sachant que la sensibilité de tous est différente et que, ce qui nous laisse de marbre peut en traumatiser un autre.

Et ceux qui n’en lisent pas, ils en pensent quoi ?

Je n’ai malheureusement pas pu recueillir énormément d’avis pour cette partie. Mais l’une de mes amies n’en lis pas pour une raison de représentation. Elle pense qu’elle n’arriverait pas à se mettre à la place des protagonistes, du fait de leur genre, mais pense qu’avec des femmes homosexuelles, ce serait possible pour elle de se projeter. Toutefois, elle pense que ça ne change rien au fait qu’il puisse y avoir une histoire passionnante à celles qu’elle a déjà lu en version hétérosexuelle, tout comme des personnages intéressants, ce qui serait le point fort pour lui faire sauter le pas.

D’autres n’en lisent pas car ils ne perçoivent pas ça d’un bon œil et pour les plus nombreux, tout simplement à cause de la romance. J’ai été surprise, mais filles ou garçons m’ont répondu que le fait que ce soit deux hommes n’était pas un problème. C’est le fait que ça soit de la romance qui les tient à l’écart (ils ne lisent pas de shojo ni aucune forme de romance dérivée). Quand je leur ai demandé ce qu’il faudrait pour leur pousser à lire du yaoi, ils ont répondu que la romance ne devrait pas être au centre mais plutôt un accessoire et que le fond soit autre chose (action, thriller, fantastique, aventure…).

Je vous mets ici une réponse sur Twitter qui rentre dans cette case et plus encore :

-Ton hétérosexualité fait que tu ne t’y intéresse pas ou bien tu voulais dire que c’est le fond même de ce genre de lecture qui n’a aucun attrait pour toi ?

-Je suppose que le second découle de l’autre dans mon cas. Je pense qu’il y a un côté fantasmé dans ce genre de titres (sexe comme romance) qu’on recherche, auquel je ne m’identifie pas. Quand c’est moins au 1er plan, j’y trouve plus aisément mon compte.

Et les professionnels, dans tout ça ?

J’aurais voulu poser la question à des membres de l’équipe de Taïfu Comics mais, ne les ayant pas trouvés sur le plan fourni par lettre alphabétique à Livre Paris, je les ai loupé alors qu’ils étaient bien là …avec Ototo (les malheurs de Fiore à Livre Paris, fin).

Bref, j’ai demandé vers Milady (en tant que lectrice, pour avoir un avis externe, je ne suis pas journaliste), comment il était possible que des livres tels que Hybrides, où il y a un très sérieux problème de consentement, soient édités et se vendent bien, alors que la plupart de ces titres sont, en plus, écrits et lus par des femmes ?

Réponse ?

C’est selon les choix des éditeurs. Pour le label Milady, trois éditrices ont voix, elles éditent si elles ont apprécié le livre.

 

 

Je suis restée (très) perplexe (et ceux qui connaissent ma façon de penser savent pourquoi.)

Elle, personnellement, n’aime pas du tout ce titre et ne comprend pas le bruit tout autour, mais ça se vend bien, certaines lectrices aiment, c’est comme pour la « dark romance », qui est un phénomène assez étrange où l’image de la femme est très dégradante parfois, en plus des autres thèmes particuliers abordés et qui pourtant trouvent son public.

MxM Bookmark, par exemple, se refuse d’éditer ce genre d’œuvres, qui ne leur plaisent pas et qui vont contre leur ligne éditoriale (c’est dit dans la page de leur soumission de manuscrits).

Et vous ? Selon votre avis, pourquoi ces travers sont toujours autant présents ? Et surtout, pourquoi le sont-ils alors que ces livres sont écrits très souvent par des femmes et lus, en grande partie, par des femmes? Comment ça se fait ? Misogynie inconsciente chez les femmes ? Ignorance ? Indifférence ?

Et pour les yaoi ? Pour les thèmes borderline ? Votre degré d’acceptation d’anormalité (ou non) ?

N’hésitez pas à partager votre point de vue !!

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21 réflexions sur « La romance et ses déboires dans tous ses états »

  1. On en a déjà parlé mais comme tu le sais, je suis sélective quant aux personnes de mon entourage avec qui je peux en parler ou non. Principalement, ma mère et mon homme subissent mes étonnements, mes appréciations, mes questionnements aussi sur toutes mes lectures tous genres confondus. Je ne cherche pas à me cacher mais sincèrement, si je peux m’éviter un débat qui ne mènera nulle part, je préfère ne pas préciser que je lis de l’homoromance. Et l’éternelle question du pourquoi j’en suis là, j’aime bien l’éviter aussi parce que visiblement, être lassée des romances hétéros ne suffit pas pour te faire basculer du côté « obscur ». De plus, je crois que cette raison s’accompagne d’autres choses qu’un psy pourrait s’amuser à remettre en ordre, chez moi, en tout cas.
    Plus sérieusement, je suis ravie que tu m’aies expliqué la récurrence du viol dans le genre yaoi, ravie que tu la pointes ici. Je pense que c’est un problème… mais en lisant un des romans (Du sel sur la queue si je ne me trompe pas, et suite à notre discussion) j’ai relevé un passage qui pourrait correspondre à un viol maquillé : se faire réveiller en douceur ou pas. Mais on n’est pas dans une romance… Je ne sais pas quel message ça peut faire passer hors romance. Peut-être aucun. Il y a des chances pour que je ne remarque pas ça (si on n’avait pas eu la discussion dessus).
    J’aime bien l’idée que tu aies pu interroger les ME sur leurs limites ou non dans ce domaine. En effet, certaines n’en ont pas du moment que ça rapporte. (Peut-être que j’exagère 🙂 )

    J’ai des choses à rajouter, je pense. Ou des questions. Sauf que vu l’heure et vu que je suis assez fatiguée, je continuerai après avoir dormi.
    Bonne nuit, si tu es encore par là.
    PS : j’aime bien les contenus visuels que tu as mis. ^_^

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    1. Merci pour ton retour dessus, on a effectivement beaucoup parlé de ça par mails, donc tu connais la version longue des déboires. Et je te comprends, si on sent que la discussion sera vide de sens et qu’on s’adressera à un mur, on préfère ne rien dire. De même, comme tu as pu le lire, tu n’es pas la seule à t’être mise au yaoi car tu avais été lassée des romances hétéro 😉 les causes de cette lecture ne satisferont jamais ceux aux idées fixes, mais rassure toi, chaque raison, dont la tienne, est valable, même la mienne qui n’en est pas vraiment une, à savoir : je ne vois pas le problème à lire cela et j’aime tout simplement, sans raison « profonde ».
      Oui, le viol « implicite » passe facilement inaperçu si on n’y fait pas plus attention que ça ou si on en a jamais entendu parler. Je ne comprends pas non plus le message qu’ils veulent faire passer, peut-être aucun et qu’ils ne voient pas le côté tendancieux de la scène qu’ils écrivent. J’aurai aimé posé cette question à Taïfu pour avoir un avis plus détaillé mais bon, je les ai loupé, et concernant Milady, elle même n’avait pas la « réponse magique » donc peut-être que l’aspect économique est prédominant puisque les ME sont des commerçants après tout.
      Pas de soucis mdr, pose tes questions/ rajouts quand tu veux, j’avais posté ça à une heure pas possible, j’ai corrigé les fautes que mes yeux éclatés par le sommeil avait laissé filtré 😉

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      1. Grâce à toi, j’ai tellement ça en tête que je me dis « maquillage de viol » si je lis quelque chose d’approchant. Dans ma dernière lecture, on peut se demander parfois si les agissements des divers protagonistes ne sont pas limites.

        J’ai lu l’article que tu as partagé plus haut… c’est édifiant en fait. Lorsque j’ai commencé à lire du MM je n’aurai pas vu les choses ainsi. Pour le Yaoi non plus.
        Par contre, je ne trouve pas que le Yaoi soit si répandu que ça en librairie, je n’en trouve jamais, JAMAIS,… Il faut toujours que je les prenne sur le net. Personne ne doit en lire dans mon coin.

        Je pensais pouvoir ajouter quelque chose mais ton article va germer un peu et je saurai revenir. Je me suis laissée déborder par mon quotidien, ma déception livresque et j’ai le cerveau ramolli.

        Bonne soirée.

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      2. Si tu ne cherches pas le viol maquillé mais que ça te « saute aux yeux » en effet c’est possible que ça en soi. D’une certaine façon je suis contente que nos discussions aient éveillé ça.

        Oui j’en avais mis deux mais moi même quand je relis l’article je retrouve plus trop l’autre 😅 en tout cas c’était là pour prouver que j’ai fait le minimum de recherches en plus de ce que je savais déjà pour l’article.

        Depuis la Guyane je trouve des yaoi alors je ne sais pas quoi te dire 🤔 par contre ils avaient majoritairement (même à Montpellier à la fnac etc) que du taifu comics. C’est récemment en me baladant que j’ai trouvé une librairie plus « modeste » vendant bien plus de yaoi que la fnac et sauramps réuni. Il y avait la moitié d’une pièce dédié à ça tout comme pour le hentai et le Yuri c’est là que j’ai acheté asa et mitya, sinon en effet en général il faut commander.

        Je me dis que c’est commercial, faute de place ils sacrifient certains genres peu demandé tout en sachant que ces fans ont l’habitude de commander directement sur les sites de ces éditeurs (pointmanga pour taifu comics par exemple).

        Merci 😊

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      3. En effet, tu peux être fière de voir que la discussion porte. C’est un nouvel angle que je n’avais jamais vu comme ça.

        Le problème c’est que je ne peux pas explorer toutes les librairies mais je trouve ça surprenant que dans certaines enseignes au rayon manga bien fourni, il n’y ait pas les titres yaoi les plus vendus. Mon coin ne doit pas vraiment avoir ce lectorat. Mais si un jour j’ai le temps, j’irai en ville pour jeter un œil dans une librairie.

        Commercial, aujourd’hui tout l’est. 😦 C’est presque triste de voir à quel point.

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  2. Excellent article, lecture très agréable.
    Personnellement, je n’ai jamais lu de yaoi, car je ne me suis jamais intéressé au genre. Je pense que c’est simplement un genre d’histoire qui de prime abord ne me tente pas plus que ça. Après, je n’ai rien contre, chacun lit ce qu’il veut, et il n’est pas exclu que j’en lise à l’occasion d’ailleurs.

    Pour la question du viol par contre, je n’étais pas au courant (de toute façon l’article m’a appris plein de choses), et clairement, c’est aller sur une pente glissante car comme tu l’as dit, le viol conjugal a été reconnu mais pour beaucoup ça n’existe pas.
    Tout comme on entend encore trop souvent des « j’ai dit non mais je pensais oui » ou autre, qui rendent la frontière trop floue entre viol et relation consentie.
    Enfin, c’est une question compliquée (encore qu’elle devrait être simple), mais la représentation du viol doit selon moi être traitée avec beaucoup de tact et d’intelligence, et ce quel que soit le genre.

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    1. Déjà je te remercie pour l’avoir lu, surtout si tu n’as jamais lu de yaoi. L’article est long (le premier aussi long que je fais mdr intégral et focus inclus) mais je voulais aborder tous les thèmes possibles pour en parler, et même donner l’aspect « professionnel ». Donc c’était un article progressif, d’abord sur moi, puis les autres et de plus en plus vers le réel sujet que je voulais aborder : viol érotisé et autres thèmes comme tu as pu le voir.
      Merci de donner ton avis sur le genre, il n’y a aucun soucis, chacun lit ce qui lui plaît. Justement avec « le yaoi et le monde » j’essayai de montrer l’œil extérieur des gens sur les lecteurs de yaoi mais bien entendu comme je l’ai dit, certains sont neutres, ils n’en lisent pas forcément mais ne jugent pas (les libraires par exemple lol, et heureusement d’ailleurs).

      Si l’article t’as appris plein de choses, ça me fait très plaisir. J’ai préféré mettre des warning pour ne pas que les gens pensent que je mettais mon opinion sur le dogme du savoir absolu et éviter les remarques désobligeantes. Donc je suis contente que tu l’ai trouvé intéressant et qu’il t’ait appris des trucs.

      Oui, le viol est une question compliquée alors qu’elle devrait être simple. L’érotisation de cet acte est un vrai problème à mon sens, car les lecteurs qui justement ne verraient pas le côté répréhensible risque de ne jamais le voir à force de lire des livres où il est banalisé et érotisé.
      Et justement, que ce soit en yaoi ou en roman hétérosexuels le problème reste présent.

      Les autres thèmes concernent le yaoi mais aussi le shojo, sauf que l’article était déjà assez long comme ça mdrr. Je n’ai pas évoqué non plus relation prof-élève en romance, ni adulte-lycéenne (qui se retrouverait un peu dans le « pédophilie / inceste ») mais j’aurai pu. C’est très présent dans ces deux genres de manga et certaines maisons d’édition, selon la tournure de la relation, éditent ou non les titres. Avec Daytime shooting star chez kana c’est l’exemple parfait, par rapport à la fin de l’histoire ils l’ont édité, mais l’autre titre de la même auteure Tsubaki-chou Lonely planet, a peu de chance de paraître car la tournure sera différente et bien que jusqu’à présent rien de très discutable ne se soit produit, pour cause de ligne éditoriale ils ne l’éditeront peut être pas… Histoire de ne pas véhiculer certaines morales.
      Mais d’autres éditeurs n’ont pas cette réflexion. Dead tube chez delcourt, à part mettre en avant le porno torture je vois pas trop ce que ça vaut et pourtant j’ai lu 6 tomes du truc. Enfin la question des licences et ligne éditoriale est vaste et je n’ai pas tous les éléments en main pour en parler, mis à part certaines interview ou réponses sur la toile des éditeurs.

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  3. Je trouve ça vraiment bien que tu puisses aborder le sujet ici, surtout sachant que c’est quelque chose que tu n’as pas toujours pu afficher publiquement (et ne peux pas encore, à certains égards). Personnellement, je fais partie du dernier type de réponse : le yaoi, je n’ai rien contre mais je ne suis tellement pas branchée romance que ça ne me tente pas. Une romance, hétérosexuelle, homosexuelle, ou toute autre, en trame de fond sur une intrigue autre me convient mais dès lors que c’est le centre de l’histoire, ça me lasse assez vite. Notamment pour le côté très redondant que tu soulignais être fuit par certain.e.s lecteurs.trices de yaoi par rapport à la romance plus classique. Mais aussi parce que je suis adepte de grandes aventures en littérature, tout simplement. Tout ce qui est « description du quotidien » ne me parle pas plus que ça.
    Après, une fois encore, yaoi ou romance (ou même autre), je suis farouchement opposée aux thèmes polémiques que tu sites. L’inceste est une question complexe car on a du mal à en définir les contours (effectivement, s’il n’y a pas de liens du sang, en est-ce un ? Le lien émotionnel, l’appartenance à une même fratrie prime-t-il ? Je me suis posé la même question en regardant The Umbrella Academy sur Netflix récemment et ne suis toujours pas certaine d’avoir une réponse à y apporter). Le viol et la pédophilie érotisés, par contre, me choquent profondément. Et ce n’est pas un phénomène nouveau : prend Les Liaisons dangereuses, Valmont viole totalement une jeune fille qui tombe amoureuse de lui et il passe pour un fieffé séducteur… Comme quoi, la problématique ne vient pas du genre littéraire (yaoi, romance ou autre) mais simplement de la perception du consentement dans la société. Au XVIIIe siècle, le consentement de la femme n’était clairement pas une priorité. Au XIXe siècle, ça pourrait être pas mal de constater que les mentalités ont évolué depuis.
    En tout cas, félicitations pour ce bel article. Moi qui n’y connais pas grand chose en yaoi, je suis contente d’avoir un point de vue de lectrice là-dessus. Savoir ce que ça apporte, ce que ça provoque. Et tu en profites pour ouvrir de grands débats (que nous ne résoudrons pas là, c’est certain^^), ce que j’adore ! 🙂

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    1. Je te remercie d’avoir pris le temps de me faire un retour aussi riche de ton opinion ! Et d’avoir lu ce si long article 🙂
      Je n’ai pas regardé The Umbrella Academy car je ne suis pas trop série, et je n’ai ni lu/vu les liaisons dangereuses mais ce que tu en dis pour les deux rentrent parfaitement dans le problème que je cite.
      En effet, certains vont considérer que des personnes sont frères même sans lien de sang et que tout rapprochement serait vu comme incestueux. Est-ce être soi-même tordu ? Ou les autres ont-ils une vision plus étriqué ? Comme tu l’a dit, il n’y a pas de réponses. Les titres que je n’ai pas cité ne le méritent pas, mais justement, Super Lovers ne m’a pas donné la chair de poule car j’ai vu une grande différence entre lesdits titres anonymes et celui-là. Mais je comprends que des lecteurs ne l’entendent pas de cette façon et justement, pouvoir en discuter me plait. Egalement parce qu’il n’y a pas des masses de lecteurs de ce style dans mon entourage. Et les deux e lisant n’ont rien eu contre Super Lovers (pas une pour parler dudit problème à l’autre du coup lol). Je te rejoins pour le côté quotidien aussi, c’est ce qui fait que je lis peu de yaoi tranche de vie. Ceux que j’ai lu se démarquait d’une façon ou d’une autre : maladie, personnages tordus, fantastique, fantasy etc.
      Les mentalités évoluent oui, si on compare à auparavant mais ce n’est pas très rapide et ce n’est pas chez tout le monde, certaines idées restent fixent. On est en 2019, environ 50 ans que l’homosexualité a été dépénalisé et pourtant, certains sont farouchement contre alors que ce n’est pas leur vie.
      Merci pour ton compliment ❤ l'article est long et m'a pris du temps, que tu l'aie apprécié et qu'il t'ait apporté quelque chose me fait vraiment très plaisir 🙂 le but était d'aborder ces sujets à débat oui 😉 mais il a fallu que ce soit progressif, surtout que je voulais aborder différents angles.

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  4. Je suis tout à fait d’accord à propos de ton avis pour le viol érotisé. Que ce soit romancé ou pas c’est un crime et je ne peux pas comprendre que la suite de l’histoire soit une romance « parfaite » entre la victime et le criminel. Shojo, Yaoi, ou autres c’est pareil ! On ne peut pas parler d’histoire d’amour mais on devrait plutôt parler de syndrome de Stockholm, non ?
    Pour ce qui est de l’inceste, je suis loin d’être pour aussi. Dans « Super Lovers », outre la différence d’âge, ils sont frères même si c’est il n’y a pas de lien de sang, il me semble. Mais dans tous les cas, j’ai pas trop aimé ce côté-là. Mais le yaoi qui m’a le plus choqué dans ce registre c’est « Brother x Brother » où c’était de vrais frères. C’est vrai comment avoir des rapport avec quelqu’un avec qui tu as grandi ?! Quand je vois ça je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la vie réelle, si cela se passait en vrai, tout le monde dirait que c’est « sain » alors pourquoi dans fictivement certains pensent que c’est « trop mignon » ou je ne sais quoi encore.
    Pour les personnages tordus je pense que lorsque l’histoire se base sur du viol ou de l’inceste, c’est là où il y a des personnages tordus, tout est lié.

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    1. Un grand merci à toi de t’être arrêté sur mon article pour donner ton avis 🙂 ça me fait plaisir de pouvoir discuter de ce thème avec une personne n’ayant pas apprécié des titres que j’ai aimé (oui, j’aime les divergences lol).

      C’est cela, et justement, dans ces lectures, il n’y a nul trace de ce syndrôme, les auteurs banalisent ça et l’érotisent comme si c’était normal. Un peu genre « je met de l’action et du piment dans l’histoire mais ces persos doivent finir ensemble donc pas trop de drama, ça serait trop long ». Alors que dans la réalité, mis à part ce syndrôme, la victime a plus envie d’avoir la peau de son violeur que de se couler contre lui.

      Si tu considères en effet que l’adoption (donc la loi) et le fait d’évoluer de la même façon font des personnes des frères (ce qui se comprend, la loi n’est pas là pour faire jolie), je me suis surtout centrée sur l’absence de lien de sang et sur le fait que Ren ne considère pas Haru comme tel.
      Pour Brother x Brother, je comprends aussi ton choc, ils sont tous du même père mais d’une mère différente là (donc ils ont un lien de sang ne serait-ce qu’à moitié) j’aurai pu citer ce titre également, mais il m’est sorti de la tête. Je l’ai lu jeune aussi, je l’avais beaucoup apprécié, est-ce que le relire changerait ma vision ? Je ne sais pas. Peut-être que je suis moi-même tordu quand le enfants ne sont pas du même père et de la même mère. Ou que je m’arrête à la fiction (ce qui pose quand-même une question : pourquoi le viol érotisé me fait sortir de mes gongs et pas certains degrés de tordu ou d’inceste ?). C’est effectivement à ce que tu dis que je faisais référence dans ma partie « qu’est ce que la normalité « , certaines personnes ont un degré d’acceptation « d’anormalité » pour les œuvres qu’ils lisent et qu’ils peuvent apprécier, alors que, sans doute, dans la réalité, tous seraient outrés. Tu dois clairement te dire que je suis tordu, et pourtant, je ne vais pas dire que tu as tort, mais certaines oeuvres n’auront jamais grâce à mes yeux (comme certains titres devant bientôt sortir en France…)

      Par contre, tu as raison, en grandissant ensemble constamment, il y a une répulsion naturelle qui se crée entre les personnes, faisant qu’on ne s’intéresse pas aux membres de sa famille normalement. Ce qui, quand c’est le cas, mets ses personnes dans le côté anormal. Pour raison éthique, morale et de santé vu ce que fait la consanguinité. Les Egyptiens n’avaient pas ce scrupule, comme dit plus haut, les mentalités changent avec la société.

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      1. Mais je t’en pris ^^

        Après on peut parler aussi de masochisme dans ce cas-là, non ? Sinon je vois pas d’autres raisons du « tiens je tombe amoureux de mon violeur ».

        Non, je ne peux pas juger les autres. Chacun a ses goûts et ses préférences, je ne peux rien y faire à part l’accepter. Donc t’en fait pas je te prends pas pour un tordu x)

        Oui tout à fait, après je crois que l’inceste était surtout pour garder le « sang pur » dans les grandes familles (il me semble). Après pour les Égyptiens tu as raison, et pour illustrer ce que je viens de dire Cléopâtre VII (la Cléopâtre que tout le monde connaît) s’est mariée avec l’un de ses frères puis après la mort de ce dernier, elle se marie avec son autre frère plus jeune tout en étant avec César mais ça c’est un détail x)

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      2. Même les masochistes je ne sais pas trop tant ça me paraît hyper bizarre.. Mais il est vrai qu’on peut se poser la question puisqu’à la base ils aiment qu’on le fasse subir de la souffrance et de l’humiliation… Plus je réfléchis, plus je me dit que c’est extrêmement possible. Mais dans ce cas, l’auteure doit montrer cette façon de penser du personnage. Parce que le soucis est bien dans le vide de la psyché de ceux subissant les viols comme si de rien n’était, ce qui donne l’impression que le rapport était tout ce qu’il y a de plus normal.

        Je le prends pas mal, t’inquiète 😉

        C’est exactement ça, pour garder le sang pur et je faisais bien référence à cette Cleópatre mais je suis restée évasive dans le doute. 😊

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  5. Pif paf pof, je me suis accrochée et j’ai tout lu article + commentaires ! Bravo déjà pour cet article si long et détaillé. Bravo aussi pour cet effort de définition des notions que tu utilises. Parce que c’est grâce à ça que je me suis accrochée ! Je ne lis pas de mangas (ou très peu) et je ne lis pas de romance (ou très peu), donc ouf… Mais, mais, mais, j’adore les gens qui réfléchissent et encore plus qui le font avec humour. Et puis, une fois passé le jargon technique, en fait tu parles de choses universelles. De relation, de domination, de soumission des uns par les autres… et là je te rejoins : le non consentement c’est un non consentement. On pourra toujours dire que c’est plus compliqué que ça, que parfois c’est subtil, que c’est une question d’équilibre…
    Non, moi je ne vois dans l’érotisation du viol de certaines romances actuelles qu’un truc absolument dégueulasse. La reproduction de la domination masculine par les femmes elles-mêmes, comme disait Bourdieu. Et c’est bien là le problème. Et c’est bien là la difficulté de l’éducation des petites filles…
    Mais je me suis éloignée de ton sujet..
    Merci pour cette lecture
    Chikita

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    1. Oh, merci à toi ! Surtout sachant que ce n’est pas ta tasse de thé ces genres, que tu sois quand même allée au bout de l’article me touche 😊 d’autant plus qu’il est long !
      je suis contente aussi que mes petites touches d’humour t’aient plu 😁 nous sommes bien d’accord sur le non consentement, et bien que je n’ai jamais lu une œuvre de Bordieu, il a bien raison avec cette citation.
      Au plaisir, merci à toi 😊

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  6. on en avait discuter sur twitter mais j’avais toujours pas vu ton article^^ c’est intéressant comme réflexions, quand on lit bcp de BL surtout que je n’ai pas vraiment le même parcours ni forcément la même perception

    (un détail sur ton emploi du mot « smut » qui m’a étonné (à savoir *du cul pour du cul*) pour moi « smut » n’est pas un critère « moral » ni de jugement, justifié ou pas c’est un autre sujet, plus subjectif Bref en résumé, pour moi c’est uniquement descriptif aka *ya du cul tout court*

    perso je lis que du BL manga (pas trop en romans) et de toute sorte, du soft au + trash mais j’ai surtout un faible pour des titres bien twisted et malsain (et smut^^ ) et par exemples les histoires de dominations qui vont me gonfler en dehors du yaoi par contre D’ailleurs jsp si tu lis la Cage de la Mante-Religieuse de Psyche Delico mais en personnage bien twisted, tu devrais adorer Norihiko^^ c’est un de mes BL préféré ever (je suis super fan de Psyche Delico et Harada…etc)

    perso je pense qu’il y a des trucs problématiques dans la moindre fiction, où on nous présente régulièrement des relations toxiques comme le summum de l’amour et que ça n’a rien de spécifique au BL D’ailleurs à un moment où je ne supportais plus la représentation des perso féminins et où je pensais être allergique à toute romance, découvrir le yaoi/BL a été une vraie libération, même en tant qu’adulte Et pour moi c’est surtout des femmes qui dealent comme elles peuvent avec leurs sexualités, les représentations de genre, les normes patriarcales, et aussi « jouent » avec leurs fantasmes en mettant en scène des hommes/BG, inversant par là ce qu’on trouve partout ailleurs (bon je schématise grossièrement hein)

    la représentation du dubcon, consentement trouble voire même carrément du viol dans de la littérature érotique féminine ne les légitime pas nécessairement, c’est un sujet complexe et surtout c’est aussi, entre autre, une manière d’exorciser les violences dans un cadre 100% fantasmé et surtout 100% maitrisé et safe, bref loin de toute réalité et de tout male gaze.

    Après c’est tout à fait légitime de ne pas aimer, et ça trigger pas mal de monde (mais de la même manière que ça trigger c’est aussi une manière d’évacuer dans l’autre sens, et perso si on fait un parallèle avec la réalité en toute logique ça devrait me trigger à 100% de part mon vécu d’ailleurs ça a toutes les chances de me trigger dans le cadre d’une fiction avec des relations hétéro, même écrite par une femme Bref ça n’a pas grand chose de logique^^’ et pour moi le yaoi a un statut un peu particulier, pcq ça a aussi ce côté pas forcément réaliste et pcq j’ai pas forcément besoin de m’identifier aux perso (ce qui est bien + délicat à gérer pour moi dans des relations hétéro), même si ça m’arrive aussi de m’identifier, il n’y a pas vraiment de règles.

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    1. Hey ! Je te remercie d’avoir pris le temps de lire tout mon article et de me partager ton point de vue 🙂 Je pense que pour le smut, il y a une confusion : je n’en ai pas parlé pour un jugement de morale/valeur, je disais juste que justement « du cul pour du cul » (comme tu le dis), perso, ça ne m’intéresse pas. J’en ai beaucoup lu de ce genre à mes débuts, là je cherche autre chose, mais si certains aiment bien, tant mieux. Quand j’ai évoqué le hard et soft, c’était pour simplifier puisque toutes les personnes qui me suivent ne lisent pas forcément de yaoi : en soft, je visais que les relations calmes sans scènes détaillées, en hard, ça allait aux détails très érotisés jusqu’au smut par exemple, et d’autres thèmes. C’était plutôt pour ne pas rallonger l’article lol. Donc je te rejoins sur ce que tu dis : le smut n’est pas d’autre moral.

      Pour Psyche Delico, je n’avais pas lu ce titre car celui que j’avais essayé d’elle ne m’avait pas plu, donc je n’ai pas voulu tenter un autre ^^’ (choco stawberry vanilla).

      Je vois ce que tu veux dire pour ta schématisation, on se rejoint donc en disant que les thèmes « problématiques » sont partout, que ce soit en roman hétéro, roman homo ou manga. La relation amoureuse prof-élève aussi par exemple se retrouve dans ces différents supports (j’ai vraiment dû abréger ma pensée pour cette article lol). Donc ouais, je comprends quand tu parles de fantasmes mis en pratique dans les histoires. C’est transvasé à un autre genre/support et style mais le fond est commun.

      Pour les viols et consentement trouble, j’ai beau relire, j’ai pas vraiment saisi ce que tu veux dire. enfin, oui, mais j’ai un doute. Je ne condamne pas l’usage de ce thème, ce qui me fait trigger comme tu dis, c’est que ça soit utilisé à la légère, comme si justement, ce n’était pas un truc complexe à ne pas appliquer n’importe comment. D’où mon exemple avec In these words. Dedans c’était vraiment pour le thriller, la psyché de la victime a été travaillé, pas bâclé et elle ne finit pas sous le charme de son violeur (hors trouble de stockholm) alors que dans certains mangas/romans (hétéro surtout ces romans) : alors qu’il y a un consentement plus que trouble et carrément un viol, l’auteur l’utilise sans suite : comme si en fait, elle n’avait pas percuté que son truc est un consentement trouble : le perso de l’histoire qui subi ça finit avec son violeur sereinement et justement, l’auteure maquille ça avec un truc du genre : malgré ce qu’il a fait, ça fait longtemps que je n’ai pas pris mon pied comme ça….c’est ça, que je trouve répréhensible. Ou de parler de viol pour « blaguer » (plutôt dans les mangas là). Pour prendre un autre exemple. Viewfinder, Takaba se fait violer constamment, mais y’a rien sur sa psychologie, c’est juste des scènes non consentantes que l’auteure balance à tout va avant de faire naitre une romance. Ce genre, je n’aime pas. Alors qu’un dubcon du genre d’Orpheus of Midnight, je vais hausser les sourcils quand je vais le voir, en regrettant de le voir, mais je ne vais pas déprécier ma lecture pour autant. C’est assez casuistique en fait. De même, la saga Bi de Reibun Ike, malgré les scènes violentes, Nirasawa voulait les subir, alors je n’ai pas bronché. J’espère que j’ai réussi à expliqué ma pensée mdrr.

      Oui je vois, tu fais une distinction entre les deux justement par rapport à l’identification. Je n’ai pas besoin de me voir représenter, dans aucune histoire, et très souvent, je ne me sens pas représenté par le personnage féminin dans un bouquin mdr, mais plutôt par ceux masculins, donc bon…Pour le côté non réaliste, je comprends aussi, beaucoup n’aime pas l’omegaverse par exemple, moi ça ne me dérange pas du tout : c’est de la fiction.

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