Focus sur le manwha Yureka : La réalité happée par les jeux virtuels

Genre : Sonyun

Editeur : Meian

Résumé : 

Lost Saga est un jeu virtuel, un MMORPG sur lequel Jangkun passe tout son temps.
Avec ses amis Kwansu et Wunsuk, ils deviennent des héros de légende sous les pseudonymes de Lotto, Boromir et Adol ! Un monde virtuel qui leur promet plein de surprises Dans la vie, ils vont encore à l’école, et pourtant, ils sont considérés comme des maîtres dans Lost Saga.
Entré accidentellement en possession d’un disque pirate, il se connecte au jeu sous l’apparence d’un personnage féminin : Yureka…

Mon ressenti : 

Zoom sur le coffret

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Yureka est un manwha initialement paru en 2003 sous l’enseigne de Samji (qui a fermé depuis longtemps). Meian a repris cette licence cette année et nous offre à nouveau un excellent 1er coffret à prix compétitif ! (pour l’acheter, c’est ici).

 Cette box comporte 10 tomes, 4 ex-libris et un poster à l’effigie des divers personnages et notamment de Lotto et Yureka. L’entièreté de la série compte 41 tomes qui seront divisés en 4 box dont la dernière sera composée de tomes inédits en France puisqu’ils ne sont jamais sorti à l’unité par les anciens éditeurs qui avaient fait des rééditions en abandonnant la licence avant la fin. Normalement, la box 2 sera disponible dans genre 3 mois.

Zoom sur le tome 1 de Yureka

En commençant l’histoire par la connexion du personnage phare parmi les principaux dans le MMORPG (massively multiplayer online role-playing game), cela nous permet d’avoir rapidement un aperçu de l’endroit où se déroulera la trame scénaristique et de ce qu’il en est dans la vie réelle, comme la famille et le contrôle parentale (plutôt laxiste de la mère) de Jangkun.

En effet, Jangkun, élève studieux accroc aux jeux vidéos dont la chambre est un désastre souvent représentatif du sanctuaire des jeunes, et ses amis jonglent entre leur passion et leurs obligations. Des éléments basiques comme la manière dont ils gèrent la nécessité de haut débit pour ne pas se faire déconnecter du net en plein affrontement, et comment ils récupèrent de leur nuit blanche, (comme Kwansu qui prend l’école pour son lieu de sommeil). Présentant alors leurs caractères qui diffèrent un peu de celui qu’ils ont dans le jeu, ils font aussi en sorte de garder pour eux sur les deux plans : leurs identités, le fait qu’ils y jouent et leur niveau de maître.

L’histoire et les personnages

Dessiné par les mêmes mains que pour le manwha Ping!, Kim Youn Kyung reste reconnaissable dans cette série où son talent commençait à s’aiguiser au fil des tomes (Ping! étant paru en 2007 en Corée alors que Yureka l’était en 2000). Les dessins sont donc satisfaisants, autant dans la conception des villes basées plutôt sur le moyen-âge occidental, la proportion des personnages et leurs costumes que pour les affrontements qui restent lisibles et fluides.

Au tome 3 se trouve une fiche récapitulative des personnages les plus emblématiques

L’histoire commence à décoller au tome 2, juste après les explications sur les règles d’avatar du jeu d’un commerçant à un potentiel client âgé voulant se rajeunir :

Pour entrer dans le monde virtuel, il est obligatoire de garder son propre aspect physique. C’est une mesure du gouvernement qui a également pour but d’empêcher les éventuels crimes qui peuvent surgir à cause de l’anonymat.

Une exception à cette règle n’étant faite qu’aux handicapés. Jangkun, en allant mettre à jour ses données pour pouvoir continuer de jouer, trouve la disquette laissé tombée à terre (à escient ? on ne sait pas) par une inconnue se trouvant dans le scanner permettant de faire sa fiche de personnage avec ses informations personnelles.

Pour l’instant, la trame semble être plutôt très ouverte et pas vraiment définie. On commence avec la mauvaise insertion de disquette qui fait que Lotto intègre un autre personnage que le sien, lui signifiant que c’est une version pirate et, durant ces quelques heures où il se fera passer pour quelqu’un d’autre, trompant ses amis dont il découvrira certains secrets (rien de bine méchant, toujours une histoire d’amitié et de fierté) il fera l’expérience de certaines particularités de ce personnage pirate qu’il a nommé Yureka comme ce qui était marqué sur la disquette. 

 Les mystères, le suspens, les hypothèses et interrogations éclosent alors, prenant parfois le même cheminement que ceux de Lotto pour en savoir plus sur ce personnage dont il garde l’origine secrète de tous. Yureka semble être un PNJ : personnage non joueur, c’est-à-dire la catégorie de personnages implémentés dans le jeu qui servent à le rendre plus crédible et qui ont des rôles et tâches prédéfinis comme vendre des objets et les acheter aux joueurs ou patrouiller.

On se demande alors si c’est bien sa nature, car Yureka est dotée de plus de libre-arbitre et de particularités que la norme. Comment a-t-elle été créée par cette fille dans le monde réel et pourquoi ? Il existe apparemment des copies, cela veut-il dire qu’il y a plusieurs Yureka ? Comment elle peut contourner certaines limites du jeu, et jusqu’à où cela peut-il s’étendre ?

Elle intrigue aussi parce qu’elle semble comme un nouveau né : plutôt simplette au début autant dans ses combats que dans son intelligence, elle à l’air de prendre du galon au fil du temps et peut copier les techniques plus puissante que son niveau.  Ce que les auteurs nous donneront l’occasion de découvrir lors des affrontements dans un tournoi vers les tome 4 et 5.

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L’humour, autant dû aux réactions des personnages que de leurs paroles, surgit de manière impromptue et à plutôt un bon effet sur moi (même si je ne suis pas particulièrement difficile à faire rire). C’est une qualité non négligeable de l’œuvre, bien que la liberté de faire les personnages s’adresser parfois aux lecteurs en plein récit (sans pour autant que ça soit interactif, mais suffisamment pour que je le soulève), ne me paraisse pas vraiment pertinent et peu casser le rythme selon qu’on y soit sensible ou pas (moi j’y étais sensible).

Cette prise de liberté narrative est peut-être une volonté de faire de ce jeu une sorte de monde alternatif et de plus humaniser leurs personnages. D’ailleurs, c’est quelque chose qu’on retrouve (l’humanisation) dans le cœur du récit concernant les PNJ car si les vrais joueurs ne ressentent pas la douleur lors de leurs blessures et morts (et encore heureux sinon je doute que beaucoup y jouerait), les PNJ, eux, la ressente et leur mort est définitive. Il n’y a pas de résurrection. Pourquoi ce choix ? On ne sait pas trop, peut-être justement pour ne pas en faire des éléments malléables et facilement dispensables du genre à usage et utilité définies pour certains joueurs. Ou de permettre des liens de se tisser (comme le crush qu’à Lotto envers la PNJ marchande qui elle, n’a d’yeux que pour un autre joueur) et de rendre le monde virtuel plus réel. Toutefois, l’intelligence artificielle a ses limites et sous l’affluence de trop de données sur les relations entre le monde réel et virtuel ou des réflexions qui dépassent leur capacité de réflexion, il y a un bug.

L’anecdote  du directeur de la société développant le jeu m’a confirmé cette impression car celui ayant majoritairement créé Lost saga voulait atteindre cet objectif et a réservé un « hidden piece » permettant aux capacités et qualités du jeu de ne cesser d’évoluer par le bon vouloir et les recherches des personnages. Cela se nomme ainsi car ce sont des phénomènes cachés dans le code du jeu qui attendent d’être débloqués.

Autrement dit, plus les personnages seront audacieux à agir de certaines façons pour gagner en puissance et obtenir certains éléments, et plus ce qu’ils créeront par leur audace enrichira le jeu afin qu’il ne reste pas figé et qu’on en atteigne pas les limites très vite. Une bonne façon d’éviter aux joueurs de s’en lasser aussi (à condition de ne pas rester éternellement débutant).

Monstres légendaires comme les dragons noirs ou anciens, wyvernes, centaures, hydres, gobelins, Cerbère, werewolves et autres ne cesseront d’agrémenter le bestiaire du jeu, tout comme les joueurs du rang de maître qui sont peu nombreux et donneront l’occasion de voir des combats réservant certaines surprises, autant sur leurs prouesses que leurs identités dans le monde réel.

Jusqu’au tome 5, il n’y a donc pas d’ennemi commun à abattre, c’est plutôt une rivalité de gamers poussant chacun à se dépasser pour se venger d’humiliation, de défaites ou de sales coups d’autres joueurs, comme on a pu le voir avec l’histoire des deux chanteuses (dans la vraie vie), voleuses expérimentées dans le jeu qui avaient servi de dindon de la farce au trio de Lotto les ayant utilisés pour renflouer leurs caisses. Ou encore, avec la joueuse anti bug surnommée Médusa par leurs soins, qui a une dent contre eux sans qu’aucun ne se souvienne pourquoi.

A partir du tome 6, un élément perturbateur arrive : le bras droit du roi des démons qui méprise les vies humaines comme s’il s’agissait de vermisseaux lance un défi aux plus forts des joueurs de venir les affronter sur leur terrain de jeu : le château des démons. Bien sûr, cet événement était prévu, de mon côté, ça n’a pas vraiment eu l’effet « punchy » espéré, j’avais plutôt été intriguée d’une potentielle trahison (ce n’en est pas une au final) venant de celui qui a créé ce PNJ trop hargneux qui n’est pas au goût du président de la société développant le jeu et qui s’inquiète. Même si l’enjeu est « l’avenir de Lost saga », savoir que ce n’est qu’un jeu (et donc une programmation calculée) ne m’a pas permis de considérer qu’il y avait vraiment quelque chose de crucial à perdre.

Zoom sur le tome 10

Les tomes précédents ont permis de montrer les compétences de joueur de Jangkun dans un autre jeu complètement différent de Lost saga, d’approfondir certains personnages secondaires à la bande de Lotto et de voir comment ils vivent IRL (in real life), leurs liens, leurs métiers et leurs occupations. On a aussi pu voir que ce qui pousse et motive les gens à jouer (selon Alpha, l’un des personnages). Ils cherchent à obtenir ce qu’ils n’arrivent pas à avoir dans leur vie réelle. Et à travers le jeu, ils découvrent des aspects de leur personnalité qu’ils ne connaissaient pas et vivent aussi plus intensément que dans le monde réel. Ils s’investissent tant dans le monde virtuel que leur façon de vivre du monde réel s’immisce dans le jeu et Lost saga devient une extension de leur vie.

Dans ce 10e tome, on suit donc les différentes équipes composées des joueurs les plus forts combattre sur divers fronts pour le futur de Lost saga. Ils affrontent notamment Muria, la joyeuse anti-bug qui a accepté qu’on insuffle un programme ennemi à son personnage afin de constituer les grandes figures adverses à la bande de Lotto et compagnie. On voit aussi apparaître les autres généraux de l’armée de Kaste (le roi démon) montrant alors des PNJ plus intéressants conçus sur des programmes qui exploitent les réflexes humains trop lents.

Du côté de ceux devant affronter Kaste, beaucoup d’humour se trouve dans les pages, à tel point que même la défaite de l’un des plus forts n’a pas eu un effet impactant, mais la suite nous dira ce qu’il en est, Jangkun, ayant profité de l’absence du passé d’un PNJ très développé pour le faire douter de son existence et prétendre être son proche, arrive très bientôt dans le cœur de l’action.

Le dernier chapitre du tome 10 est une histoire bonus racontant l’arrivée de Jangkun dans l’école des deux compères et comment les trois se sont liés d’amitié.

Affinités :

Pour ces 10 premiers tomes, sans trop m’avancer, j’ai la sensation que l’enjeu principal (du moins, ce qui semble se crée au fur et à mesure jusqu’à exploser) se trouve dans cette frontière entre réalité et virtualité. L’auteur à l’air de vouloir confondre les deux, ce qui peut donner par la suite divers  possibilités pour l’intrigue : comme une confusion des deux mondes, ou un dépassement des bug des intelligences artificielles jusqu’à finir indistinct des vrais humains (mais ça, c’est à vérifier dans les tomes suivants).

Dans tous les cas, mélange d’héroïc-fantasy à travers un jeu vidéo, que vous soyez féru de jeu de rôle ou pas, les affrontements avec le bon coup de crayon de la dessinatrice et l’humour présent quand on s’y attend le moins pour nous arracher un petit rire ou sourire peuvent rendre la lecture plaisante pour tout un chacun. Je recommande donc ce manwha à tous ceux qui apprécient les lectures au développement à pas mesurés qui ne présentent pas (encore/pour l’instant) une intrigue très ficeler et complexe mais qui est susceptible (on l’espère) de le devenir.

Je remercie les éditions Meian de m’avoir fait découvrir ce manwha à travers ce service presse !

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Ma note pour l’intégralité : 14/20

3 réflexions sur « Focus sur le manwha Yureka : La réalité happée par les jeux virtuels »

  1. Je suis contente que, malgré certains points négatifs que je comprends, tu aies aimé les premiers tomes.^^ C’est une bonne ambiance, les persos sont attachants, il y a de l’humour et ça se lit bien. Ravie que tu aies accroché ! ❤

    Aimé par 1 personne

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