Angolmois, Tomes 1 & 2

Genre : Seinen

Editeur : Meian

Résumé du tome 1 :angolmois-1-meian

Jinzaburô Kuchii, un samouraï de Kamakura, est exilé à Tsushima où il est chargé par la fille du gouverneur, Teruhi, de défendre l’île des Mongols. Au lieu de la peine de mort, les proscrits ont reçu l’ordre de servir de pions sacrifiables. Ils doivent tenir sept jours jusqu’à l’arrivée des renforts de Kyûshû, mais face aux armes et aux tactiques étranges des Mongols, le maître du clan Sô, Sukekuni, et son fils, Umajirô, se font tuer.
Alors que tous s’étaient résignés à perdre, Jinzaburô apparaît seul sur le champ de bataille, vêtu d’une ancienne armure…

Mon ressenti :

Angolmois, l’une des récentes acquisitions dans l’arc de Meian donne le sentiment que l’éditeur restera plutôt du côté des récits historiques/militaires basés sur des faits réels ou contant carrément l’Histoire. On pense notamment aux 7 Ninjas d’Efu (ici), Kingdom, Baltzar (ici) et The Swordsman (ici).

Le récit de Takagi Nanahiko nous transporte vers le Japon du Moyen-Âge, pour nous montrer le point de vue japonais concernant les invasions mongoles. En effet, Jinzaburô Kuchii, un vassal déchu de Kamakura a été condamné à l’exil et, enchaîné comme les autres prisonniers, il se dirige en mer afin d’expier sa peine sur l’île de Tsushima.

Durant ce périple, l’ancien samouraï montrera qu’il est plein de ressources et peut facilement faire changer la donne devant une situation délicate. Et dès lors, on comprend mieux les toutes premières pages du tome 1 qui nous place au coeur d’une bataille où un soldat montre par pure cruauté la tête tranchée des parents de deux enfants à ces derniers. 

Les exilés touchant pied au sol ne vont pas connaître des jours paisibles sur cette île. Envoyés comme pions à sacrifier, ils devront résister contre l’armée mongole qui veut asseoir Tsushima sous sa domination afin de s’en servir comme zone de ravitaillement/point stratégique pour les autres guerres qu’ils vont mener, leur cible étant Kyushu. Jinzaburô et les autres exilés n’ont rien à gagner de mourir pour cette île qui leur est étrangère mais certains, s’amusant des combats et des massacres (puisqu’ils sont d’anciens pirates), ne bouderont pas forcément l’offre.

Après avoir esquissé le caractère franc et de leader de Jinzaburô qui crée toujours de l’attraction autour de lui, les tactiques et stratégies militaires jalonneront les pages ainsi que des faits historiques qui ne perdront pas le lecteur mais ne lui évoqueront pas forcément grand chose s’il n’est pas au fait de l’Histoire des mongols.

Le premier tome pose donc des bases indispensables pour la suite, sans forcément donner une sensation d’ennui au lectorat puisqu’il y a de l’action au fil de certaines pages et que quelques éléments d’intrigues cruciaux sont disséminés sans encore faire effet : ce qui empêche d’avoir une sensation de linéarité et de prévisibilité. Bien qu’on se dise que certains événements vont forcément arriver, on ne devine pas vraiment le moment et des personnages ne manquent pas de prendre en galon par la suite.

C’est par exemple le cas de la princesse de l’île, Teruhi, qui avait des allures de jeune demoiselle tyrannique et gâtée/en détresse au premier abord et qui par la suite, bien qu’elle n’aime pas la guerre, se montre têtue et vaillante, en concordance avec la devise des fiers et courageux samouraïs. On a beau la tenir à l’écart de la violence et du sang, elle sait monter à cheval et tirer à l’arc et souhaite participer aux côtés de ces hommes à cette bataille.

 

Résumé du tome 2 : angolmois-2-meian

Sur la route maritime qui mène à Hakata, cible de l’invasion mongole, se trouve Tsushima où les troupes mongoles ont commencé à débarquer ! Des explosifs inconnus. Des tactiques peu familières… Jinzaburô Kuchii, un ancien vassal de Kamakura, a été exilé sur cette île.
Comment faire face à ces ennemis inconnus venus d’au-delà de la mer ? L’affrontement entre les deux armées est sur le point de commencer !

La guerre insulaire bat alors son plein dans le tome 2. Les morts du tome 1, très nombreux et non négligeables du fait de leur rang et importance pour les habitants de l’île et autres, vont souffler un vent de solidarité entre les exilés qui vont menés une bataille à la victoire sous le commandement de Jinzaburô et de respect envers lui en voyant le guerrier implacable qu’il représente et en quelque sorte, leur espoir de sortir vivants de cet enfer. 

L’enfer, l’auteur nous le rappelle de bien des façons avec ses dessins portant bien l’essence des émotions des personnages et installant comme il faut les différentes ambiances. Impossible d’oublier qu’il s’agit d’un récit de guerre sans pitié, entre les combats aux sabres, aux lances, à l’arc, aux jets de jets qui déchiquettent les chairs et bien d’autres moyens, les têtes décapités sont un symbole sine qua none pour montrer sa puissance et défaire l’ennemi en entamant sérieusement le moral des troupes et leur combativité. C’est ce qui ressort des pages où moralement, l’auteur montre aussi les effets de la guerre et combien voir perdre la tête de son général peut désarçonner les troupes, les faire fuir et remporter la victoire, ou encore ramener la tête d’êtres cher, apaiser les cœurs, au lieu de les laisser embrocher sur des pics les dégradants. 

Mais comme je l’ai dit, il ne s’agit pas d’une histoire de bourrins où des membres volent de partout Les coups fourrés, éclaireurs et tactiques sont très bien mis en avant et l’auteur réussi à surprendre par certaines tournures, tout en usant du jeu des alliances politiques en rajoutant une couche d’Histoire. Par ailleurs, Jinzaburô qui est une énigme, tant on ne saisit pas ses motivations pour l’affrontement (en plus de son flegme plutôt constant), mais qu’il transpire l’honnêteté et l’honneur, va livrer par pensées le type d’homme qu’il est, son passé, et ce qu’il a perdu. Cela en fait un personnage fort intéressant qu’on appréciera découvrir un peu plus par la suite. Ne serait-ce pour savoir quel crime impardonnable il a pu commettre pour être déchu de son titre. 

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Concernant l’ouvrage, de nouveau, Meian a fait du très bon travail avec le papier épais qui permet une prise en main agréable et les dorures métallisées du titre sur une couverture au toucher lisse très appréciable. Sans oublier la traduction qui m’a parut fluide et honnête.

Je remercie les éditions Meian pour l’envoi de ce titre !

Affinités : 

Objectivement, le titre est bien narré, avec son lot de rebondissements et d’actions. Il plaira sans conteste aux adeptes du genre historique/aventure/guerre et permettra une agréable lecture aux curieux de ce style. Il enrichira aussi un peu plus le savoir des lecteurs sur l’Histoire du Japon (et des Mongols pour le coup).  Pour ceux que ça intéresse, le titre a eu droit à une adaptation animée en 12 épisodes et ce manga comporte 10 tomes terminés au Japon.

Ma note pour le tome 1 : 14/20

Ma note pour le tome 2 : 15/20

9 réflexions sur « Angolmois, Tomes 1 & 2 »

    1. Je suis pas très fan des dessins d’Angolmois non plus, mais ça capture l’essence de ce que l’auteur veut transmettre (style un peu trop shonen ? C’est-à-dire ?), ceux des 7 ninjas d’Efu sont plus ciselés mais me mettent mal à l’aise parfois. Mais dans le registre, j’adore Baltzar pour les dessins et le fond ^^

      Aimé par 1 personne

      1. On sent que ça risque d’être un peu trop rond, trop lisse, trop rapide, comme souvent dans les shonen. C’est souvent ce qui me bloque et me fait juste trouver un shonen sympa mais sans plus, contrairement aux seinen plus sombres, plus denses et aux dessins plus ciselés. On sent que ce n’est pas pour le même public. Seule exception à la règle pour moi : l’Attaque des Titans, un shonen vendu comme seinen chez nous et ce n’est pas pour rien 😉

        Aimé par 1 personne

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