Baltzar – la guerre dans le sang, Tomes 1 & 2

Genre : Seinen, historique

Editeur : Meian

Résumé du tome 1 :

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Le commandant Baltzar est envoyé par l’Empire dans une école militaire du Baselland, un pays allié. Sa mission est de mener la réforme du système militaire de ce pays afin de combler leur retard flagrant.

Mais il se retrouve un peu perdu face à des instructeurs et des élèves qui se sont depuis longtemps habitué à la paix. Dans cette période de transition entre la paix et la guerre, ils vont devoir affronter leur destin.

Mon ressenti :

Baltzar – La guerre dans le sang, sorti le 6 août 2019, est une nouveauté de Meian tout comme Jormungand que vous pouvez retrouver ici. Du genre aventure/historique, ce récit amène le lecteur dans une Europe du XIXe siècle revisitée, en période de guerre pour certains pays. Dans notre réalité, on pourrait transposer cela à l’Allemagne et ses pays alliés.

Nakajima Michitsune, qui se considère lui-même comme un débutant maladroit et un non spécialiste de l’Histoire de l’Europe occidentale, nous plonge pourtant facilement au sein de son récit grâce à un placement rapide au cœur de l’intrigue principale. Par ailleurs, ses dessins assez détaillés retranscrivent bien l’atmosphère « ancienne époque » et le côté rustique de certains lieux.

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Nous situant dans le milieu de la guerre, le mangaka présente de façon habile les différentes armes et corps composants une armée : la cavalerie, l’artillerie et l’infanterie à travers les yeux de Bernd Baltzar, un commandant ayant été promu à ce grade, trois ans plus tôt que la normale.

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Le lecteur verra les dissensions qui peuvent exister au sein d’un corps militaire entre les différentes factions, entre les soldats et leurs supérieurs ou encore les diverses techniques et tactiques de guerre et notamment le fait qu’une arme pousse à user de certaines stratégies plutôt que d’autre.

En effet, Bernd a été envoyé à Baselland, un pays allié avec un grand retard technologique et militaire, afin de servir de conseiller de guerre et d’instructeur dans l’école militaire. L’empire a été divisé en petites nations indépendantes et Baselland n’ayant pas été touché, le pouvoir militaire y est faible. Ceci met en avant le point de vue de ceux n’ayant jamais connu la guerre et celui d’un commandant qui a été sur divers fronts, tout comme les différents états d’âme par lequel un militaire peut passer afin de se soustraire ou d’obéir aux ordres.

La paix n’est qu’un répit servant à préparer la prochaine guerre.

Les problèmes que Bernd rencontrera et tentera de résoudre soulèveront d’autres interrogations qui contribueront à étoffer l’histoire par la suite. De plus, l’auteur semble user de son inspiration géographique et historique afin de créer une véritable immersion dans son récit car il n’oublie pas le contexte social et géo-politique qui montrent que sous certaines manœuvres et institutions, des intentions pour l’instant obscures sont tapies.

Petit élément très appréciable : à la fin du tome, il y a des informations sur les décors et les accessoires apparaissant dans l’oeuvre que ce soit sur la nourriture ou sur le mode de vie des soldats du Baselland.

Ma note : 15,5/20

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La démonstration forcée et armée efficace de Bernd a eu diverses retombées, aussi bien sur sa réputation que sur les lois régissant l’école militaire. Par exemple, les punitions militaires complètement désuètes et assez barbares qu’on avait pu observer au tome 1 en cas de désobéissance ou de manque de rapidité dans l’exécution des ordres, ont pris fin. Pourtant, loin de se placer comme un héros venant améliorer les conditions des jeunes soldats, Bernd garde la tête froide et n’hésite pas à refroidir les ardeurs des jeunes voyant en lui une sorte de conseiller social.

Les conséquences ne s’arrêtent pas là, la royauté a tenu à agir mais de manière plutôt belliqueuse et risquée : elle ne veut pas que le Baselland soit dépendant de l’Empire de Weißen.

En regardant le test de tir la dernière fois, l’infériorité de notre pays m’a paru évidente. Toutefois, ce n’est pas une raison pour dépendre de l’empire en important leurs fusils pendant de longues années.

Ceci confirme que cette inspiration historico-géographique n’est pas un simple contexte et que Nakajima tend à plonger dans les problèmes politico-sociaux du Baselland, que ce soit concernant l’avenir des jeunes soldats qui font petit à petit confiance à Baltzar ou encore les protestations civiles qui vont déborder dans ce tome et se muer en une manifestation armée nécessitant une répression militaire. De nombreuses tactiques vont donc se dérouler, et sans passer par la facilité, le mangaka montre qu la demi-teinte n’existe pas dans la guerre : on ne peut pas résoudre certains conflit en parlotte, il faut se salir les mains.

L’horreur de certaines actions va se dessiner sous les yeux du lecteur car réprimer la résistance, étouffer les manifestations, va entraîner des pertes, des massacres dans les deux camps. Que les potentielles victimes soient des jeunes, des personnes âgées, ou des enfants, ne changera rien.

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La peur de tuer plutôt que d’être tuer évoquée par Baltzar lors d’un de ces cours théoriques va revenir sur le tapis et va être illustrée : comment tirer de sang froid sur des civils ? Des personnes que l’on a côtoyé, que l’on connait voire même des membres de sa famille ? Comment éviter cela ? Est-ce qu’il faut se refuser à tirer, quitte à se prendre une balle ? On peut alors soi-même se demander : qu’est ce qui pousse certains militaires à tirer sur la gâchette alors que d’autres en sont incapables ?

Durant tout ce tome, d’autres personnages comme des antagonistes apparaissent, et d’autres se dévoilent un peu plus à nous : on apprend un peu sur leur vie, leur famille, leur passé, leurs anciens camarades et rivaux, notamment pour Baltzar dont on verra un peu son vrai visage. Il est pragmatique, rationnel, possède une morale mais n’est pas un enfant de cœur ou encore un simple idéaliste qui se refuse à agir pour le mieux, qui refuse de consentir à des sacrifices humains. A voir par la suite s’il ne voit les jeunes soldats que comme des pions ou non….

Ma note pour le tome 2 : 16/20

Affinités :

Au prix de 6,95 euros le tome et munis de pages couleurs, les deux tomes sont d’une très bonne édition, tant au niveau de la couverture lisse avec un effet sur le titre, que par les pages d’une bonne épaisseur et de bonne impression. On retrouve pour les deux des anecdotes lexicales en fin de tome qui permettent d’en savoir plus sur le quotidien à l’institution sans alourdir le récit. Ces informations ne sont pas surplus puisqu’on apprend par exemple, la censure que subit le courrier.

Je l’ai déjà dit, mais je ne suis pas du tout une férue d’Histoire ou de guerre, et pourtant, j’ai bien apprécié ma lecture (si vous vous demandez pourquoi je lis des récits qui ne sont pas dans mes genres de prédilection c’est tout simplement parce que je suis curieuse et que je n’aime pas me fermer des portes).

Il y a beaucoup à dire sur ce récit, et l’auteur ne semble pas en manque d’idées. Le rythme est bon, pas mal d’événements se déroulent dans chacun des deux tomes et à aucun moment on ne s’ennuie puisqu’il y a quelques petites surprises sur l’identité de certains personnages et aussi des moments amusants.

Je conseille donc ce manga à tous ceux voulant lire un récit revisitant l’histoire de l’Europe occidentale, avec des intrigues bien établies et se déroulant comme il faut, des personnages qui ne manquent pas d’intérêt et des problèmes aussi bien internes, qu’externes, sur le plan social, politique et militaire dans cette ère impérialiste. Autrement dit, même ceux qui ne raffolent pas d’Histoire peuvent passer un très bon moment de lecture !

Bonus

Je remercie les éditions Meian pour ce service presse ! Je m’excuse à nouveau d’avoir tarder à récupérer le colis et je ferai au mieux pour donner mon ressenti rapidement sur les autres œuvres envoyées !

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9 réflexions sur « Baltzar – la guerre dans le sang, Tomes 1 & 2 »

    1. De prime abord, ce n’est pas pour moi non plus comme tu le sais, spontanément, je ne me serai pas tournée vers le titre pour l’acheter mais il est bien mené donc c’était un bon moment de lecture 😁 il était aussi à la Japan expo par exemple et j’ai préféré prendre Jormungand comme nouveauté de Meian plutôt

      Aimé par 1 personne

  1. Je l’avais vu passer dans les nouveautés, mais j’hésitais à me lancer dedans… Au vu de ton avis, je pense le maintenir en wish list, c’est le genre que je peux apprécier 😉
    Merci pour la chronique 😀

    Aimé par 1 personne

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