Une vie exemplaire : ou comment un mari aimant devient un tueur en série

Genre : Thriller

Éditeur : La Martinière

Résumé : Un-aain-comme-vous-et-moi

 » Jeremy Balint n’essaie pas de surmonter ses démons. Il est en plein accord avec eux.  »

Foreword Reviews Magazine

Jeune cardiologue éminent, père de deux adorables petites filles, le docteur Jeremy Balint est un homme qui a réussi sa vie. D’autres que lui, apprenant que leur femme dévouée les trompe depuis des années avec un collègue, se laisseraient emporter par la rage.

Pas Jeremy Balint.

Jeremy Balint va prendre son temps, car Jeremy Balint est un sociopathe. Avec méthode et patience, il va organiser l’élimination de son rival.

Et ce n’est que le début.

De nombreux romans mettent en scène des psychopathes, mais jamais un écrivain n’était parvenu à nous plonger avec autant d’acuité dans les arcanes de leur esprit. Jeremy Balint ne nous cache rien. Ne nous épargne rien. Il ne voit tout simplement pas le mal comme nous.

Mon ressenti : 

Une vie exemplaire de Jacob M. Appel est un récit du genre thriller proposant de se trouver dans la tête d’un sociopathe tueur en série (on précise sociopathe car la psychopathie n’est pas la sociopathie).

Là déjà, quelque chose cloche. Balint Jeremy correspond plus à un psychopathe qu’un sociopathe. Alors, c’est surement un abus de langage de l’éditeur puisque je pense que l’auteur a quand-même fait des recherches à minima criminologiques pour créer son personnage.

Jeremy Balint est un homme qui a réussit sa vie. Comme une liste des « éléments du bonheur », il coche plusieurs cases : emploi stable et prestigieux, succès, femme qui travaille et très organisée, deux adorables filles, grande maison, et tout autre élément pouvant être vu comme tel.

Pourtant, on se rend vite compte que cette vie parfaite est assez fade et terne. Sa femme n’est pas bien bavarde et évite à chaque fois les repas en famille prévus de manière régulière avec les parents de ce dernier.

Comme tout un chacun, Jeremy a des personnes qu’il exècre dans sa vie, et son collègue d’hôpital en fait partie, encore plus quand il voit, par un fortuit hasard, que sa femme le trompe avec lui.

Ainsi se déclenche la naissance d’un tueur psychopathe.  J’appuie sur le « tueur » car on ne devient pas psychopathe, on l’est. On n’en guérit pas non plus. Mais tous les psychopathes ne sont pas des tueurs. Du coup, c’est l’infidélité qui le fait passer à l’acte. Mais pas contre sa femme. Non, elle, il veut la garder. C’est contre l’amant que son plan se dirige.

C’est en cela que se distingue le « simple criminel passionnel », du psychopathe. Dans le premier cas, par colère et rage, tristesse et indignation, l’homme cocu aurait sauté à la gorge de son rival ou de sa femme pour faire couler le sang. Mais lui, il reste calme et n’agit pas ainsi.

Intelligent, il va prendre son temps pour planifier la mort de Sugarman. Et il va faire en sorte que nul ne puisse remonter jusqu’à lui et découvrir son méfait. Pour cela, il faut que la mort de ce type s’inscrive dans une liste d’autres morts, afin qu’un mobile passionnel ne puisse pas être décelé. Afin que les enquêteurs ne comprennent jamais qu’il a tué cet homme parce qu’il était l’amant de sa femme.

Classique, me suis-je dis en lisant le roman, tout le monde peut se dire que pour ne pas se faire attraper, il faut tuer plusieurs personnes. Les tueurs sociopathes et psychopathes sont durs à attraper justement parce qu’en général, il n’y a aucun lien entre les victimes et qu’on ne comprend pas leurs motivations.

Pour se débarrasser d’une personne indésirable sans être soupçonné, n’en faites pas votre première victime ni votre dernière, ce serait suspicieux, pile dans le milieu, c’est parfait. Elle se noie parmi les autres visages. Ne pas faire d’esclandre avec cette victime aussi, garder de bonnes relations avec elle jusqu’à la fin. Les enquêteurs recherchent toujours les querelles afin de trouver le coupable. Enfin, établissez une zone de tuerie, afin qu’on ne découvre pas votre localisation. Tuez assez loin de chez vous et continuez ainsi. Il peut y avoir des variables de façons de faire.

Bref, classique. Tout le monde peut venir à cette façon de penser. La mise en exécution du plan affine ou renforce les traits de la psychologie. Le tueur vomit-il à chaque méfait ? Est-il tendu ou stressé à le faire ? Hésite-t-il ? A-t-il peur ? Des regrets ? Est-il calme en étranglant sa victime ? Méticuleux afin de ne pas laisser d’indices et d’empreintes ?

Cela dépend du profil psychologique. Evidemment, si la personne a des regrets, ce n’est pas une psychopathe, de même si elle est dans tous ses états après avoir tué. Le fait de n’aimer personne n’est pas non plus un facteur. Si vous faites partie de la sphère importante des psychopathes, car ils compartimentent les gens, ils prendront soin de vous (à leurs manières), et ne vous blesseront pas.

Mari et père aimant à la maison, tueur sans états d’âme à l’extérieur.

Le plaisir ressenti n’est pas forcément un facteur non plus, tous les tueurs sociopathes ne sont pas des tueurs psychopathes sadiques.

Bref.

Cela aurait pu être une histoire me tenant en haleine d’une manière incroyable mais ce ne fut pas le cas. Le ton du récit était plutôt morne et fade. Jeremy est un homme assez ennuyeux et malgré les éloges à la 4e couverture du livre, fort peu charismatique.

On a l’impression à un moment du récit que des bons événements lui arrivent un peu comme une comète sur la tête : par hasard.  Et on arrive pas à s’attacher à lui ou à le trouver incroyable, ou horrible. J’étais très neutre le concernant, même lorsqu’il tuait une pauvre vieille ou une jeune fille avec son modus operandi car il n’y avait pas de saveur.

Je conçois bien qu’un psychopathe est justement une personne assez simple en apparence qui commet des horreurs du fait de son trouble de la personnalité et de sa morale particulière mais le ton narratif ne m’a pas permis de m’immerger dans le récit.

Affinités :

Peut-être était-ce juste une mauvaise pioche pour moi. Si ce type de récit vous intéresse et que la vie plutôt calme d’un personnage ne vous ennuie pas (sachant qu’ici, il tue quand-même des gens), tentez le coup !

 Ma note : 13/20

3 réflexions sur « Une vie exemplaire : ou comment un mari aimant devient un tueur en série »

    1. Je l’ai acheté en occasion pour pas grand chose, ce qui soulage ma déception (je vais très le revendre). Comme tu dis, l’idée de base correspond en principe à ce qui me plaît beaucoup mais le traitement, moins…

      Aimé par 1 personne

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