Les chroniques de Dani Mega O’Malley, Tome 4 : Fièvre Enchantée

Genre : Bit-lit, urban-fantasy

Editeur : J’ai Lu

Résumé : les-chroniques-de-dani-mega-o-malley-tome-4-fievre-enchantee-1229691

« Un an et cinq jours après que j’ai posé mon pied sur le sol sauvage de l’Irlande, le Sinsar Dubh a gagné. Il lui a suffi d’attendre l’instant où j’aurais la folie de me croire assez forte pour franchir la ligne rouge… »

Alors que la Terre a plongé dans le chaos,le Sinsar Dubh, un livre maléfique doué de conscience, a pris possession du corps de Mac, et rien ne pourra l’arrêter dans sa quête de pouvoir.

Le seul espoir pour rétablir l’ordre est de recourir au Chant-qui-forme, une mélodie oubliée depuis longtemps. Pour cela, sidhe-seers, clan des Neuf, Seelies et Unseelies devront former des alliances improbables et faire des choix déchirants.

Détruire le Livre ne se fera pas sans sacrifices. Et dans cette bataille pour l’âme de Mac, chaque décision aura un prix

Mon ressenti :

J’ai toujours eu un mal fou à canaliser l’amour que je porte à un roman en une chronique quand il passe la barre des coups de cœur. Quand en plus la trame de l’histoire est si riche et complexe, j’ai de sérieux problèmes à voir par quel bout commencer ! Avant toute chose, je tiens à rappeler que ce tome 4 est en fait le tome 9 de la série Fièvres que l’éditeur français à renommer pour une raison mystère. Et je n’ai que mon laborieux Focus dessus sur les 5 premiers tomes, que vous pouvez retrouver ici pour tenter cette saga si vous ne la connaissez pas encore.  Ne vous arrêtez pas à mes cafouillages, l’article remonte à mes débuts et même maintenant, il est extrêmement difficile d’expliquer un condensé de 5 tomes avec autant de retournements de situations, de changements d’états et de vérités soi-disant acquise en un article compact. Je suis consciente que pas grand monde comprendront ce que je radote dans cet article mais ne serait-ce que pour moi, je devais l’écrire.

Le tome 9 de fièvres reprend là où Fièvre née nous avait laissé : le sinsar dubh, cette entité malveillante, Unseelie représentant la quintessence de la malveillance la plus noire a réussi son tour de manipulation : il a pris possession du corps de Mackalya !

On se retrouve donc dans la tête de cette empire de destruction. Il le dit, le clame, l’affirme et en jouis.

Je SUIS. Désir. Envie. Avidité. Et le chemin que je choisis vers la suprématie. 

Les échanges qu’avaient Mac et le livre malveillant niché en elle n’étaient pas assez pour avoir une vision globale de l’abomination qu’il représente, au cours de ces pages, c’est chose faite. Il pulvérise tout sur son passage, fait tout ployer, par pure envie, par pure méchanceté. Incomplet, défaillant, avide d’avoir ce qui lui manque tant, que sa nature d’Unseelie l’empêche d’acquérir car il n’est né d’un chant-qui-déforme, un chant imparfait, qui ne le permet pas d’évaluer alors que les humains qu’ils méprisent tant le peuvent.

Au premier impact, son nez explose, sa mâchoire droite se fracture et ses yeux lui rentrent dans la tête. Au second impact, je sors ses deux mâchoire, de leur articulation et elle ne parle plus. Je la frappe encore et encore, faisant voler en éclats les os de ses orbites et de son front, l’aveuglant, lui fracassant le crâne, fou de rage.

C’est un psychopathe, un pervers narcissique, un être vile pétri d’orgueil avec un complexe de supériorité dépassant l’imaginable, il est d’une psychologie différente des personnages communs à l’urban-fantasy, tout comme chaque personnage prenant une inspiration au cours des pages. Et c’est ce qui me fait tant vivre quand je lis et bois chaque lettre de cette saga. Les psychés sont approfondies, ce n’est pas prévisible, loin de là, et plus encore, ce qu’on pensait comprendre ne reste pas immuable et l’auteure s’amuse à nous détromper.

J’ai toujours aimé la plume riche de cette femme qui sait allier humour mordant, cocasse, situations périlleuses et excitantes, regards et désirs palpables et brûlants, à la perfection. Chaque émotion est d’une intensité pure. Certains personnages sont carrément l’incarnation d’une émotion quand vous les voyez évoluer.

Cet homme est sacré pour moi et le sera toujours. Il est mon soleil, ma lune et mes étoiles.

Jéricho Barrons, l’homme qui devient l’oxygène de Mac et qui pourtant, est décrit comme étant la glace incarnée, et ne montrant une forme de douceur qu’à travers la protection et la possessivité qu’il accorde à Mac, a fait mon cœur murmurer un « oooh » à diverses reprises. Ce n’est pas arrivé comme un cheveu sur la soupe ou en totale contradiction avec sa psyché. Vivant la vie de Mac lors de la lecture, on porte souvent les œillères de cette dernière qui sont pour le coup légitime vu le comportement énigmatique de Barrons. Impossible de le percer à jour.

Eh bien bon Dieu, ils me l’ont donné, mon histoire d’amour à laquelle je croyais petite, la mièvrerie en moins. Comme le Roi Unseelie à aimer sa concubine malgré les millénaires, devenant fou dans le but de la rendre immortelle, de la garder auprès de lui, Barrons aime Mac tout autant. Sans passer par de la grande sensiblerie qui ne va pas avec le ton de l’histoire, respectant l’atmosphère oppressante et de danger qui plane constamment, l’auteure sait choisir les mots donnant l’intensité de la danse que les personnages présentent.

Un rayon de soleil sur la glace qu’il était, un voile de givre sur la fièvre qu’elle était.

Quand la situation est critique, dramatique, qu’il s’agit d’au revoir, d’adieu, d’espoir. Les émotions de chaque personnage prenant place percutent. Ses descriptions dans l’horreur blesse. Une scène, tout particulièrement, m’a démoli quand je l’ai lu. Je ne m’y attendais pas, à cette violence pure, la victime qui a succombé en dessous de l’obscurité qu’elle a eu la malchance de croiser.

Je tombe sur elle et je lui frappe la tête jusqu’à ce que son cerveau luise, humide, dans ses cheveux pleins de sang, puis je plante mes dents au creux de son cou et je commence mon repas. 

Je l’aimais bien ce personnage, sa perte m’a affecté et ce ‘était que le début, l’auteur nous fait vivre des émotions fortes dans ce livre, n’hésitant pas à ôter des êtres qui pourtant, quasiment réels à nos yeux, laissent un grand vide.

Dans cette course conte la montre pour lutter contre les trous noirs qui vont détruire la Terre et la galaxie, toute civilisation, toute vie, en plus du Sinsar dubh qui ne se laisse jamais mettre sur la touche, on se demande si cela va se finir dans un bain de larmes et de sang, ou sinon, par quels stratagèmes les personnages sauveront l’humanité qui pèse littéralement sur leurs épaules.

Il m’embrassa comme si j’étais l’empire qu’il avait juré de protéger dût-il périr mille fois

Je n’en relèverai pas plus, je pense qu’il est clair qu’avec les divinités faë ayant abandonné le monde à son sort (Le Roi Unseelie et la concubine), l’unique moyen de le sauver qui se trouve justement être en possession de l’une de ces divinités, l’Apocalypse semble proche et l’extinction de la vie, inévitable.

Vous l’aurez compris, il y a absolument tout ce qu’il faut, pour passer un excellent moment de lecture. L’imagination de l’auteure est débordante, elle revisite totalement les créatures Faës, leurs mythes et leurs légendes tout comme celles écossaises, et on retrouve alors diverses monstruosités tels que la femme grise, le balayeur, le fear dorcha, les princes seelies et unseelies (qui sont beaux à vous en faire saigner les yeux pur le coup) ou encore, les objets de pouvoirs. De l’originalité à divers degrés (pas de loups-garous, vampires et dragons).

Bien sûr, il y a une dose non négligeable de subjectif, mais vous le savez, j’ai lu beaucoup de bit-lit pour finir par stopper les frais et d’en essayer parfois au compte goutte avant de finir déçue. J’en aime peu car je les trouve en grande majorité ! trop communs trop similaires, top linéaires et prévisibles. Ma mémoire indélébile ne m’aide pas.

Peut-être n’aimerez vous pas cette histoire car Mac vous agacera au tome 1 (et c’est compréhensible, c’est fait exprès pour son évolution actuelle), peut-être ne saisirez vous pas totalement la finalité (c’est le but, la saga n’est pas terminée et c’est justement restez dans le noir qui est si plaisant) et peut-être n’apprécierez vous pas la noirceur des personnages : les morts qui s’accumulent dans leur sillage, leurs passés difficiles, leurs meurtres froidement commis ou sous la rage.

Ils sont tordus, n’ont que peu de regrets quand ils se salissent la main, sont froids et pragmatiques, distants et détachés, Lois et Bourreaux, la vengeance est une émotion qu’il embrasse pleinement. Il n’y a pas de place pour les sentiments propres dans cette histoire, personne n’est équilibré ou s’il le’st, il ne le reste pas suffisamment longtemps. Mais cela fait sens, ce n’est pas bordélique, ce sont les règles du monde évoluant dans ce livre.

La normalité dans Fièvres, c’est tout ce que notre société considère d’anormal. Et c’est ce que vous verrez, Mac, une Poupée arc-en-ciel à la vie sereine, qui sera propulsée dans un monde où pour vivre, il ne faut pas hésiter à tuer. Marche ou crève prend tout son sens. Elle s’est superbement transformée.

Barrons avait raison.

Il y a une bête en moi.

Et elle est magnifique.

Ma note : 20/20

(enfin ! Je l’ai eu mon coup de cœur, après 6 mois, il est là !)

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