Goodbye my rose garden, Tome 1 : un amour tendre et criminel

Genre : Seinen

Éditeur : Komikku

Résumé : Sayonara_Rose_Garden_1_komikku

Angleterre, année 1900… L’époque où l’amour, la famille et la société étaient semblables à des ronces… Hanako, une jeune japonaise, décide de traverser l’océan à la recherche de Victor Franks, un écrivain qu’elle admire, dans le but de lui faire lire son roman. Malheureusement, la maison d’édition avec laquelle l’écrivain collabore refuse de lui donner la moindre information. Au bord du désespoir, sans nulle part où aller, elle va trouver du réconfort auprès d’Alice, une noble qui la recueille et fait d’elle sa nouvelle femme de chambre. Mais si la demoiselle est aussi généreuse, c’est peut-être qu’elle a une idée derrière la tête…

Mon ressenti : 

Goodbye my rose garden est une nouveauté des éditions Komikku, un manga se déroulant à l’époque victorienne.  

Dr. pepperco a fait attention aux détails afin que l’ambiance apparaisse naturellement et sans aucun doute.

En plus d’un subtil parfum de sensualité et de tendresse qui plane tout au long du récit, renforcé par la complicité délicate d’Alice et de Hanako, l’immersion dans cette société anglaise d’antan s’opère facilement.

Cet semble est bâti à travers les tenues des domestiques et des employeurs, du reste de la population, les modes de transport, de la façon de se tenir, le port du corset (qui ne permettait qu’un seul type de beauté, d’une certaine façon), la structure des maisons et leur style, l’expression verbale, les mœurs comme celle de prendre le thé, de tenir une réception, les titres de noblesse, la coutume de se marier pour garder un nom noble, et bien d’autres éléments n’ont pas été oubliés.

Alice et Hanako

Hanako, une jeune japonaise, traverse l’océan à la recherche folle de l’auteur qui lui donne un souffle de vie chaque fois qu’elle lit ses phrases et qui la transporte d’émotions.  

Elle déchante devant l’implacable refus de l’éditeur de lui révéler l’identité de cet homme et très vite on comprend qu’il s’agit d’un pseudonyme et l’on devine l’identité de cet écrivain.

Plusieurs raisons peuvent pousser une personne à choisir l’anonymat : désir que son vrai nom ne soit pas partout, volonté qu’on aime ou déteste son livre pour son contenu et pas pour sa personne, peur de ce que l’entourage et autres sphères pourraient penser en sachant ce qu’il y a dans sa tête, ou alors, des conditions sociales y poussant.

A cette époque, une femme écrivant n’était pas bien perçu.  Comme souvent, les métiers plutôt « nobles » et prestigieux n’étaient réservés qu’aux hommes. On affiliait automatiquement la qualification de « livre à l’eau de rose » les écrits d’une femme. Les préjugés desservaient leur talent et travail. Ce livre serait jugé d’une acuité remarquable et d’une haute justesse dans les sentiments et émotions pour les hommes, alors que pour les femmes…

Des autrices ayant existé comme Emily Brontë l’ont fait, afin de contourner ce problème. Ce pouvait être aussi, comme le cas de ce manga, l’occasion de livrer du soi en toute intimité, de faire éclore un amour prohibé à travers des yeux masculins.

L’ Angleterre en l’an 1900, avait une sainte horreur de l’homosexualité.  C’était un crime. Il en était de même dans d’autres pays d’Europe tels que la France, comme le rappelle subtilement le mangaka en énonçant les fins bien tristes d’auteurs comme Oscar Wilde.  

-Ne trouvez-vous pas cela présomptueux, de prétendre pouvoir contrôler l’amour des uns et des autres ? C’est un sentiment beaucoup plus libre ! Ce qui n’est pas naturel, c’est de le limiter à un rang social ou à un genre !

Par cela on comprend facilement la position dans laquelle se trouve Alice qui, bien qu’ayant tout, se meurt à petit feu  car elle ne peut pas être pleinement elle-même à l’extérieur. 

Elle ne peut pas vivre son amour pour les femmes sans que l’opprobre soit jeté sur elle et sur sa famille surtout.  

Le concept de l’époque était le bien de la famille avant le bien individuel comme il l’a été en France. Il suffit de jeter un œil sur les lois et coutumes pour le comprendre : les époux étaient choisis pour perpétuer le nom, homme respectable et bonne position sociale primait sur l’amour qui viendrait au mieux après, au pire jamais.  

Ce qui conduit certaines femmes à prier pour que la mort vienne les chercher.

Mon cœur meurt à petit feu au fil de mes mensonges…je priais pour enfin être en paix, le plus rapidement possible !

Affinités :

Si une histoire douce et assez triste vous intéresse dans ce contexte afin de vous gorger de beaux dessins délicats et découvrir la complicité tendre qui lie Hanako et Alice, n’hésitez pas à vous procurer ce manga.

Les éditions Komikku ont édité une petite petite de la Romance homosexuelle historique !

Ma note : 16/20

9 réflexions sur « Goodbye my rose garden, Tome 1 : un amour tendre et criminel »

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