ShowStopper, Quand le cirque de l’amusement devient celui qui glace le sang

Genre : Dystopie

Editeur : Editions Bayard

Résumé : showstopper-1265384

Londres, 2045.

La société est divisée en deux clans.

Les Bâtards, réduits à l’état d’esclaves, n’ont aucune valeur.

Les Purs forment l’élite qui a accès à tous les privilèges.

Le Cirque de l’horreur est leur divertissement préféré. Ils attendent avec délectation l’accident mortel qui leur procurera le grand frisson.

Ben, fils de ministre, assiste à sa première représentation et tombe sous le charme d’Hoshiko, la funambule star du spectacle. Mais derrière l’éblouissement et le faste de l’arène, il découvre l’horreur. Trouvera-t-il le courage de résister pour mettre fin au carnage ?

Mon ressenti : 

Les thèmes de ségrégation, de xénophobie, de discrimination et de racisme ont toujours été des thèmes m’intéressant et me décidant à lire un livre. Souvent, le contexte de séparation par caste ou autre et une forte discrimination dans un régime totalitaire est le propre des dystopie et depuis Hunger games, aucun livre ne m’avait réellement fait palpiter.

Ce livre aurait pu, le contexte du cirque très visuel, autant dans les sauts le long d’une fine corde de la funambule que ceux affrontant les lions affamés et tant d’autres « spectacles » parce qu’il n’y a aucun bluff dedans : les gens risquent vraiment leur vie à chaque instant, des Batârds meurent à tout moment dans ce cirque qui les a enlevé dès 5 ans, pour la plupart ou au cours d’une descente dans les ghettos pour rafler les plus âgés.

Cela ne vous rappelle rien ? A vrai dire, c’est un thème vieux comme le monde, malheureusement toujours d’actualité. A partir du moment où un peuple enrôle les siens en disant qu’un autre est inférieur et « ne sont pas vraiment humains », nous sommes dans l’horreur total, c’est le même procédé utilisé à l’époque de l’esclavage des Noirs ayant duré plus de 400 ans, c’est le même qu’utilise les esclavagistes en Lybie à l’heure de 2019. Et cela restera le même quand d’autres personnes se disant « humain » utiliseront s’ils veulent rétablir cette horreur où que ce soit.

L’endoctrinement commence au plus jeune âge et devient loi : nul ne se pose de question, nul ne remet en doute la parole du régime, tout le monde ferme les yeux pour le plus petit pourcentage qui doute, ou pire, pour la grande majorité : les ouvre grand avec faim pour voir un Bâtard mourir de la plus atroce des manières. 

Ce sont « des êtres inférieurs, sales, violents, ils tiennent plus du singe que de l’homme », il n’y a donc aucun inconvénient à prendre leur enfant, à menacer ou tuer leur parent pour faire pression et les conformer au cirque. Nul n’est irremplaçable dans ce camp de prisonnier servant aussi de tombeau, si tu ne te conformes pas au règles, si tu es blessé et ne peut plus exécuté ton numéro : tu n’es d’aucune utilité, on va te tuer.

Et le lendemain, il y aura de la viande au repas pour changer des maigres ration (lait tourné, morceau de galette d’avoine, deux gélules de vitamine) que mangent les artistes pour se sustenter. Devinez d’où vient la viande et ce qu’ils font des cadavres.

Voilà ce que j’ai beaucoup aimé dans cette histoire : le fond bien narré de la cruauté des hommes envers d’autres parce que c’est ce qui a eu lieu, de façon en réalité bien pire, dans l’histoire de notre Humanité. Je n’ai donc pas trouvé ce livre « sombre », il ne l’est pas plus que l’histoire de la France. 

Toutefois, et c’est ce que je regrette, quatre points problématiques ont fait perdre à ce livre mes pleines faveurs.

Tout d’abord, le contexte historique et politique est absent. Ce n’est pas négociable ni dispensable en dystopie. Même si ce n’est rien d’innovant, il faut bien que le lecteur sache précisément pourquoi on en est arrivé à un tel totalitarisme et bafouement des droits de l’hommes. 2045 en plus, il faut nécessairement placer le contexte, qu’est ce qui a entraîné qu’on refoule à ce point des hommes dans des ghettos ?Le fait qu’ils soient uniquement des étrangers ? Qu’ils aient mené à l’explosion de la sécurité social selon les Purs ? Eh bien il faut le dire, car on en sait concrètement rien et ce n’est pas au lecteur de deviner le contexte où se développe le monde. 

Second problème, le personnage de Ben : il est tout simplement agaçant, creux, immature, et dans sa tête, ce n’est que de l’air. Autant ses paroles sur les Bâtards m’ont donné envie qu’une personne le gifle pour tenir de tels propos à l’encontre de sa domestique avec laquelle il aime discuter (ce qui montre qu’il ne réfléchit absolument pas avant de parler), autant ses actes étaient dénués de pragmatisme ou autre forme d’intelligence. Eh puis, la transition entre : je suis un sérieux mouton aveugle et il y a quelque chose qui cloche dans ce système était trop abrupte, c’est-à-dire, l’espace de deux jours en ayant vu la funambule. L’auteure a tenté de le justifier par la suite mais ça reste dérangeant.

Ce désagrément mène alors au troisième point précité : son obsession pour la funambule. Sur ce coup, la romance n’en est vraiment pas une : ils se voient une fois de loin et hop, il est obsédé par elle. Ce n’est pas de l’amour, c’est de l’attirance physique. Ceux croyant au coup de foudre ne sont surement pas d’accord avec moi mais je ne vois pas comment ils auraient pu développer des sentiments l’un pour l’autre alors qu’ils se parlaient à peine. Trois jours et c’est l’amour fou…Wahou. Pas pour moi, je n’y ai pas cru et vu toutes les horreurs qu’à vécu Hoshiko (la funambule), ça m’échappe totalement qu’elle consentait même à adresser la parole à un Pur (oui, c’est ma rancune qui parle là).

Le dernier point ayant fait ce livre perdre en qualité à mes yeux : la fin. Certes, il y aura un tome 2 (apparemment nommé ShowStealer) mais malgré cela, c’est juste une fin précipité, personne ne se pose de question ni ne proteste, et après toute cette course poursuite, ça faisait vraiment chou blanc.

Le fait qu’on puisse trouver certains passés comme celui du maître de cirque-une ordure nommée Silvio- pas assez creusée est véridique et même dommage, de même pour certains autres personnages mais ça ne m’a pas autant chiffonné que les 4 points précédents.

Affinités :

J’ai commencé par ce qui m’a beaucoup plu car je pense que c’est ce qui plaira aussi à d’autres (à moins que ça ne soit trop sombre pour vous, comme j’ai pu le lire dans des avis…euhm, vraiment, découvrez l’histoire de la France si ça c’est sombre). Je conseillerai ce livre surtout à ceux voulant s’initier à la dystopie (ou qui n’ont pas encore lu Hunger games qui est une grosse référence et qui après avoir été lu, donne souvent une sensation de pas assez aux autres lectures du genre). Ce type de lecteur  ne verrait peut-être pas les « défauts » soulevés et en aurait un coup de cœur. Ensuite, je conseillerai ce livre tout simplement à ceux qui aime lire, que ce soit des dystopie ou non puisque le contexte est absent, il est facile de surtout se concentrer ur la peine des artistes et l’inégalité criante. Si vous voulez lire des spectacles visuels qui ne cesse de montrer que l’homme à de la suite dans les idées quand il s’agit de faire du mal aux autres aussi, je vous recommande ce livre.

Bonus

Je pense sincèrement que s’il n’y avait pas eu les 4 points cités précédemment,  ce livre aurait pu faire parle de mes excellentes lectures (au tout début, j’étais prête à lâcher un 17/20, tant j’étais happée). Du coup, je lirai surement le tome 2 pour voir ce qu’il en est.

Merci à Babelio et aux éditions Bayard pour cette masse critique privilégiée !

Ma note : 15/20

11 réflexions sur « ShowStopper, Quand le cirque de l’amusement devient celui qui glace le sang »

  1. J’ai lu des avis assez divergents, je suis pas sûre que ça me plaise de ouf, j’ai l’impression que c’est pas très original comme dystopie et puis ce que tu dis sur l’histoire d’amour me branche PAS DU TOUT mdr
    Kin

    Aimé par 2 personnes

    1. Je pense que par rapport à la Romance effectivement, tu vas froncer du nez Kin. Et sur le principe ce n’est pas l’originalité pure mais le côté cirque oui. Mais concernant les autres problèmes mentionnés la lecture risque de ne pas être dans tes petits papiers je pense

      Aimé par 2 personnes

  2. Je te rejoins sur beaucoup de points. J’ai beaucoup aimé la thématique du cirque et l’idée de construire l’histoire sur la xénophobie et le racisme. Mais le contexte et le « pourquoi » de cette société m’ont manqué. J’espère que ce sera développé dans le prochain tome. J’ai trouvé aussi Ben assez immature pour son âge. Et comme toi cette histoire d’amour m’a paru trop rapide, peu credible. Les personnages manquent un peu de nuances pour moi. Mais je lirai la suite par curiosité !

    Aimé par 1 personne

      1. C’est le deuxième avis que je lis qui est plutôt mitigé. Je pense apprécier le concept de base mais vu ma PAL, je ne prendrai pas le risque d’y mettre un livre qui risque de me frustrer (vu qu’il y a un tome 2 pas disponible) ou qui va sûrement me faire lever les yeux au ciel côté romance 😁

        Aimé par 1 personne

  3. Je comprends parfaitement ton ressenti ! La romance n’est absolument pas crédible et le contexte politique est carrément absent. Et c’est dommage, car il y avait de très bonnes bases dans ce roman. Je pense aussi lire la suite afin de savoir où l’auteure souhaite nous emmener ! 😉

    Aimé par 1 personne

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