Focus sur le manwha « Arès, le soldat errant » – Partie 1 : un guerrier qui cache bien son jeu de vengeance

Genre : Sonyun-Manhwa

Editeur : Meian

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Résumé : 

Dans un environnement médiéval très détaillé, le royaume de Cronos est une nation dévastée par les guerres incessantes. C’est dans ce contexte qu’Ares s’enrôle chez les soldats de l’ordre du Temple en quête de logis et de repas gratuits. Il trouve sur sa route de talentueux compagnons d’arme.
À l’aube d’un grand récit de guerre, la légende commence… Deux futurs épéistes d’exception se rencontrent… Un tour du destin qui signe le début d’une grande épopée.

Mon ressenti : 

Zoom sur le coffret

Série comprenant au total 26 tomes, séparée en 2 box de 10 tomes et d’une dernière de 6 tomes + un artbook, Arès bénéficie de 4 agréables ex-libris exclusifs et d’un poster inédit format A5 ! On est maintenant habitué à la qualité de Meian sur ses coffrets et celui-ci ne déroge pas à la règle !

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Zoom sur le tome 1 d’Arès, le soldat errant

« Ares le soldat errant » amène le lecteur dans un contexte de conflits, de guerre et de stratégies militaires. Le tome 1 pose le contexte géographique et nous donne des informations sur la situation géopolitique à Cronos, là où les héros de l’histoire vont se rencontrer : Ares l’orphelin à l’esprit simple, Barouna le mystérieux et Mikaël, le soldat patibulaire. 

Les circonstances réunissent souvent de grands êtres. D’une simple volonté à manger un repas chaud (sans le sou), à une altercation contre un brigand qui se surestime, des liens commencent à se créer. Arès veut intégrer l’ordre afin d’avoir un toit et de la nourriture. Le but de l’armée est pleinement atteint avec lui car c’est sur ça qu’elle mise pour recruter de nouvelles têtes. Ils devront passer le test des Templiers de l’ordre. Anciennement très respecté et honoré pour leur force, bravoure et courage, ce groupe de mercenaire de Cronos a perdu de sa superbe. Les soldats de classe A ou B ne sont pas exceptionnels, le niveau est commun, mais ces trois là vont relever le tout. Ils vont se démarquer dès la première mission : un village qui ne cesse d’être sujet au prélèvement d’une forte somme par des brigands sanguinaires fait appel à eux. Le roi fou ne s’occupe plus de sa patrie et est haï des sujets, il n’y a aucune intervention militaire pour ceux opprimés par les bandits, alors si on veut être sauvé, il faut s’en donner les moyens et le faire soi-même.

L’histoire et les personnages

Le récit de Ryu Geum-chul se déroule dans un monde d’inspiration médiévale, tout en piochant dans la mythologie grecque pour le nom de certains de ses personnages et des pays, tel qu’Arès faisant directement référence au dieu de la guerre. Par la suite, on comprendra d’où lui vient ce nom qui ne passe pas inaperçu. L’architecture du monde est occidentale pour les bâtiments, et les vêtements sont plutôt modernes. Pourtant, ce mélange prend bien. Ce qui ne mettra pas forcément tout le monde d’accord est la qualité des dessins. On aime ou on aime pas ce style où les visages sont parfois inégaux et qui peut rendre la différenciation de quelques personnages pas toujours évidente et malheureusement parfois, certains combats sont confus. Mais on finit par s’y habituer et l’auteur prend au fil du temps ses marques et se fait plus franc dans ses dessins. La fluidité s’acquiert et les pages défilent, surtout dans les moments d’actions qui sont présent à foison.

Les protagonistes, tout autant que les antagonistes, sont singuliers et ont leurs histoires propres. C’est équilibré, chacun à son moment de mise en avant, sans pour autant être éclipsé par la suite, et la dynamique de l’ensemble est bonne. Leur camaraderie est très présente, les entraides nombreuses même lors des combats où chacun affronte l’adversaire qu’il s’est choisi. L’auteur a bien travaillé ses mystères et son suspense sur ses personnages, nous faisant nous interroger sur leurs passés, et sur certains de leurs actes, sur ce que ça cache.

Mikaël – Barouna

Bien que ces deux jeunes hommes partagent un air peu loquace et taciturne, Mikaël, un brin d’herbe toujours scotché en bouche, peut se montrer très froid et même cruel alors que Barouna ne voit pas l’intérêt de tuer un soldat qui a baissé les armes. L’un est plutôt secret et ne parle pas des raisons qui l’ont poussé à rejoindre l’ordre, et même si l’autre n’est pas un livre ouvert, il parle plus facilement de lui-même. Mikaël manie la lame avec dextérité et Barouna, une arme singulière qui prend l’ennemi de court car ses mouvements sont vifs et difficiles à appréhender. Clairement deux atouts de l’ordre qui deviendront des légendes.

La guerre et le contexte impitoyable donne peu de place, très souvent à la femme, et quand une touche féminine apparaît, ce n’est pas forcément la personnification de la force. L’auteur intègre à son récit, deux personnages féminins diamétralement opposés : Ariane et sa garde du corps Helena.

Si Helena est une valeureuse guerrière, Ariane est une jeune noble qui se plaint d’être choyée et qui veut découvrir le monde. Pensant même que la guerre est palpitante, elle veut y participer pour voir autre chose que son cocon. Il s’agit d’un angle que l’on peut trouver pertinent car il montre une déconnexion totale entre les riches et ceux qui triment pour survivre, tant l’ignorance d’Ariane est grande. Elle va se lier d’amitié avec Arès qui a eu un coup de cœur pour elle et continue d’amuser le lecteur avec certains de ses émois.

Arès – Gogh

Avec Gogh, le soldat peintre qui fait toujours le mort sur le champ de bataille, Arès et lui sont les personnages que j’ai trouvé les plus « frais » dans le sens où ils ont toujours le mot ou l’acte pour faire rire.

_Gogh, qu’est ce qui t’arrive ? Qu’est ce que tu fais là ? Tu devrais être en train de faire le mort, comme d’habitude. 

Gogh est lâche, peureux et n’hésite pas à manquer de fierté pour sauver sa peau. C’est pourtant l’un des personnages que j’apprécie le plus, à contrario d’Ariane qui m’a plutôt agacé. Gogh n’est pas sans qualités, bien qu’elles ne consistent pas à son art de la guerre, il est un ami fidèle sur lequel Arès et les autres peuvent compter.

_Nous n’avons pas de temps à perdre, laissez nous passer et nous vous épargnerons. 

_Quoi ? Vous nous laissez la vie sauve ? Allons mes amis, qu’est ce que vous attendez ? Poussez vous ! 

Jonglant habilement entre la diplomatie, la politique, les alliances et les stratégies militaires, l’auteur dévoile à travers un long flash back se déroulant du tome 7 à 8, le passé d’Arès. Lorsqu’il retourne dans une ville avec une forte symbolique pour lui, il replonge dans ses souvenirs. On apprend enfin qui était son maître, quel genre de personne il était, la manière dont ils se sont rencontrés et par la même occasion, sa quête de vie, le désir de le venger, et qui est l’épéiste aux yeux rouges qui l’a tué.

A vrai dire, ce sont les deux tomes que j’ai le plus apprécié, tant j’ai trouvé le lien entre ses trois personnages et la vie qu’avait mené Arès intéressante. Le moins qu’on puisse dire est qu’il est une force de la nature. Il est toujours jovial et a tendance à se comporter de manière enfantine et pourtant, son passé est bien triste.

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De l’instant précis où il a perdu sa mère, une femme qui aura poussé jusqu’à sa dernière goulée d’air pour lui, jusqu’à la solitude constamment ressenti par le rejet des autres enfants envers lui, l’auteur nous a raconté tout ce qu’on avait besoin de savoir pour mieux le cerner. Malgré leur refus de jouer avec « un garçon des bois » et leur mépris à son égard, il n’est pas devenu quelqu’un d’haineux, ni même de mauvais. Plutôt pur, on a tendance à oublier que sous ses traits d’insouciant, il est un guerrier hors pair qui ne fait pas dans la pitié.

Arès a un style de combat très arien et souple. Même quand il affronte des adversaires à ne pas prendre à la légère, il reste assez serein et fait même des boutades. Le contraste entre son passé et ce qu’il est devenu est un gros point positif de cette oeuvre. Il n’a connu que les entraînements et le combat dans son enfance, pas de douceur maternelle, pas de camaraderie fusionnelle, il était sous la tutelle d’un maître puissant, autoritaire mais bon et juste, qui restait fier et lui était loyal dans leur relation maître-disciple, même quand sa vie était en péril.

L’auteur gère donc à merveille son récit puisque les rebondissements politiques sont limpides et ne perdent pas le lecteur. Il ajoute des coups d’état, des trahisons et des stratagèmes pour conquérir, gagner la fidélité du peuple et des soldats et gouverner en maître. Voir comment un petit groupe démantèlera tous les plans des félons garde éveillé jusqu’à ce que la dernière page soit tournée.

_Général Icarus ! L’heure est grave ! Le roi est mort !

_Que racontes-tu ? C’est une très bonne nouvelle. Depuis le temps que j’attendais ça.

Zoom sur le tome 10

Dans le dernier tome de la Box 1, les chevaliers noir darakiens profitent que Cronos s’entre déchire pour mener  leur invasion. La forme d’affrontement choisit n’est pas le pèle mêle, plutôt celle qui oppose les guerriers les plus valeureux de chaque camp. Le premier ennemi est Uranos, le nouveau champion des gladiateurs, un esclave qui, à contrario de la plupart, est très satisfait de sa position. Ce choix ne permet pas d’exclure une linéarité narrative mais n’est pas dérangeante, même si l’aboutissement des combats reste prévisible vu le portrait de certains combattants contre le géant guerrier. Son point de vue est expliqué, ce qui permet d’étoffer ce personnage que Barouna affrontera, faisant penser à David contre Goliath, tant les gabarits sont différents et désavantagent Barouna.

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Le rythme entre la narration, l’action, la dissémination des informations sur les héros est bon et ne souffre pas de longueurs, au contraire, tout se lit très vite et rien n’est surplus, les touches d’humour font souvent mouche et allègent un peu l’atmosphère de guerre sans paraître être de l’huile dans de l’eau. Les dernières pages qui montrent l’affrontement d’Arès et de Cygnus, un puissant guerrier au style dansant et très aérien permettent un beau combat qu’il vous reste à découvrir dans le tome 11 de la 2e box !

Affinités : 

Je conseillerai ce manwha au style atypique à tous ceux qui veulent lire une histoire qui se déroule à bon pas, qui alterne bien entre les différentes composantes sans qu’il y ait de longueurs ou de précipitations. Si vous aimez l’action, les batailles, les stratégies, les personnages bien travaillés et voir des combats qui ne manquent pas de punch, Arès est fait pour vous !

Ma note pour l’intégralité : 15/20

Je remercie les éditions Meian de m’avoir fait découvrir ce manwha à travers ce service presse !

7 réflexions sur « Focus sur le manwha « Arès, le soldat errant » – Partie 1 : un guerrier qui cache bien son jeu de vengeance »

    1. Je comprends, c’est ce que j’ai dit « on adhère ou pas au style de dessin », perso, j’en raffole pas non plus 😅 si je n’avais misé que sur le dessin pour lire, je pense que je n’aurai jamais découvert ce titre

      Aimé par 1 personne

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