Le nègre du gouverneur

Genre : Littérature guyanaise

Editeur : Ibis Rouge

Résumé : 41QKPX8QB4L.jpg

D’Chimbo est guyanais, D’Chimbo est noir, D’Chimbo est esclave. Et il est aussi dévoré par une ambition qui l’oblige à de nombreux compromis. A la fois séduit et rebuté par une société à laquelle il n’appartient pas de naissance et dont il goûte les délices dans les bras d’une Blanche, il découvre la soif de pouvoir. Elle va l’inciter à trahir les siens tout en gardant la fierté de ses origines : il est nommé sergent de la garde créée pour lutter contre les marrons, ses frères insurgés qui refusent l’esclavage. Si l’ambiguïté règne dans son cœur, il tente de faire les bons choix. Comment, dès lors, réussir à dépasser sa condition tout en restant soi-même ? Comment s’affranchir sans renier son peuple ?

Mon ressenti : 

Parce que (oui, bizarre de commencer ainsi) sur mon blog, il s’agit plus d’un partage de lectures et de mon ressenti, qu’une tentative de vous les faire acheter, je vous présente de nouveau l’une de mes lectures atypiques (et très ancienne pour le coup).

J’ai découvert ce livre en seconde. Il était obligatoire et même si ça concernait l’histoire de mon DOM, j’étais persuadée que j’allais m’ennuyé (ferme) car ce n’est pas le genre de livre qui me viendrait à l’esprit de lire.

Le devoir [de D’Chimbo]! Lady Stanley ne se souvenait pas de lui avoir enseigné le sens du devoir. Aurait-il appris, par hasard, un à un, les mots du dictionnaire? Elle l’aurait volontiers battu! « Voilà ma récompense, se disait-elle. Car enfin, ne lui ai-je pas tout appris? Tout donné? Ah! Comme il s’est empressé de donner son accord. Un monstre, il n’est rien qu’un monstre d’ingratitude. »

Et pourtant, à contrario d’Emile Zola que mon esprit se serait mieux porté de n’avoir jamais lu « Au bonheur des dames », je ne regrette pas du tout ces quelques heures de lectures pour « Le nègre du gouverneur » et je remercie même (mentalement) mon professeur de nous l’avoir fait découvrir.

Dans cette histoire, le thème déjà n’évoque pas la joie. L‘auteur (un Guyanais) a montré dès le départ, après les conditions de voyage sur un négrier comment se déroulait une vente aux enchères d’esclave, sans enjoliver, sans exagérer. Et ça n’enlève  pourtant rien au percutant de la chose. Au fait que nus, des êtres humains dit « meubles » étaient choisi comme des jolis bibelots à poser chez soi parce qu’il  « est bien monté » ou qu’elle « a les formes qu’il faut ». Il ressortait de ce passage la même béatitude que l’ont peut avoir à contempler une jolie bibliothèque bien garnie (même si les femmes se pâmaient devant D’Chimbo).

 – Ainsi le beau ténébreux a daigné sortir de son ermitage? dit-elle, sur le ton du badinage, mais elle comprit aussitôt que D’Chimbo se méprenait sur le mot « ténébreux ». Elle n’y avait pourtant mis aucune malice. Était-il donc si difficile d’oublier la couleur de sa peau?

Autant dire que oui, certains passages m’ont marqué. Que bien qu’il n’y ait pas un étalage de cruauté, le fait que des familles étaient brisées et séparées un peu partout entre les acheteurs, sans aucune considération que l’esclave soit père ou mère, reste forcément en travers de la gorge. Au cours de ma lecture, il y a donc eu de la colère, un sentiment d’injustice, du choc et bien d’autres émotions.

Et comme le dit le résumé, D’Chimbo que l’on suit est un « nègre » voulant devenir plus que ça. Voulant apprendre à lire, à écrire, à s’exprimer correctement. A bien se tenir à table. Et j’en passe. Et pour cela, il faut s’entendre avec ceux possédant la « clé de l’éducation » à l’époque. Ce qui attire alors un sentiment de trahison en soi-même, vue de l’extérieur, on n’est plus noir. Une scission s’opère, on devient alors un « nègre de maison », un « negro choco ».

Ce terme est tout ce qu’il y a de plus insultant, surtout à cette période. Mais le travail de D’chimbo était celui d’un traître. Empêcher ses frères noirs de se rebeller contre l’esclavage parce qu’ils en souffrent et que ce système est inhumain, tandis qu’il est lui-même cajoler par la maîtresse de maison. Un aspect totalement hypocrite ressors de cette situation.

C’est ceci que j’ai apprécié dans ce livre. La dualité de ces deux facettes. L’envie de devenir plus et d’être cultivé, sans pour autant « être moins » du point de vue de son peuple (être un traître).

Et si je devais relevé un « défaut » de cette oeuvre, ce serait qu’au cours de la lecture, il y a un parallélisme constant par des interrogations, métaphores et allégories avec Desdémone et Othello de la tragédie de William Shakespeare que je n’ai pas compris (parce que je n’ai jamais lu cette tragédie et que savoir que Othello était noir ne m’aidait pas beaucoup).

Affinités : 

Il n’y a pas « d’affinités », avec ce livre. Cette chronique était un pur partage sur une oeuvre ancienne (dont on trouve à peine la version de 2001 en occasion à présent) qui m’a marqué et que j’ai trouvé culturellement intéressante et enrichissant.

Ma note : 14/20

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