Riquet à la Houppe

Genre : Littérature belge

Editeur : Le livre de poche

Résumé : riquet-a-la-houppe-1017725-264-432

L’exceptionnelle intelligence de Déodat n’avait d’égale que son extrême laideur. Trémière était incroyablement belle, mais on la disait simple d’esprit. Le destin les fit se rencontrer. Une histoire d’amour qui échappe au cynisme, pour mieux célébrer la beauté qu’on peine parfois à distinguer.

Mon ressenti : 

Pour moi qui ait lu autant de contes de Charles Perrault qu’il m’en était possible, j’ai bien apprécié cette réécriture de Amélie Nothomb.

Déjà, la naissance de l’enfant laid et tout ce qui s’en suit avec ses pensées intérieures, principalement, me foudroyaient de rire. De l’autre côté, on avait la belle lente d’esprit qui était intéressante dans le sens où son manque de vivacité était très proche d’une innocence et d’une naïveté infantile.

Quand les parents découvrirent le bébé, ils changèrent brutalement d’univers. On eût dit un nouveau-né vieillard : fripé de partout, les yeux à peine ouverts, la bouche rentrée – il était repoussant.

Pétrifiée, Énide eut du mal à retrouver assez de voix pour demander au médecin si son fils était normal.

– Il est en parfaite santé, madame.

– Pourquoi a-t-il tant de rides ?

– Un peu de déshydratation. Ça va très vite s’arranger.

– Il est si petit, si maigre !

– Il ressemble à sa maman, madame.

– Enfin, docteur, il est horrible.

– Vous savez, personne n’ose le dire, mais les bébés sont presque toujours laids. Je vous assure que celui-ci me fait bonne impression.

Laissés seuls avec leur enfant, Honorat et Énide se résignèrent à l’aimer.

Puis, dans l’âge adulte, le rire s’est dissipé et au fil de l’évolution des deux personnages principaux, il me tardait de voir comment elle les ferait se rencontrer dans la version moderne.

Ce jeune homme de dix-sept ans, rond de corps et d’esprit, était tombé fou d’amour pour l’enfant chétive.

– Tu pourrais trouver mieux qu’une candidate au suicide, lui avait-elle dit.

– Épouse-moi.

– Je ne fais pas le poids.

– À nous deux, nous le faisons.

Il me reste une sensation de simplicité de cette histoire qui n’avait pas de réels rebondissements ou d’événements marquants mais qui n’était pas moins plaisante à lire.

Par bonheur, ils avaient peu de famille et peu d’amis. Ils eurent néanmoins à endurer des visites dont la politesse ne parvint pas à masquer la consternation. Énide observait le visage de ceux qui découvraient son petit ; chaque fois qu’elle constatait le tressaillement de dégoût, elle était au supplice. Après un silence crucifiant, les gens finissaient par hasarder un commentaire d’une maladresse variable : « C’est le portrait de son arrière-grand-père sur son lit de mort. » Ou : « Drôle de tête ! Enfin, pour un garçon, ce n’est pas grave. »

Le sommet fut atteint par la méchante tante Épziba :

– Ma pauvre Énide, tu te remets ?

– Oui. La césarienne s’est bien passée.

– Non, je veux dire, tu te remets d’avoir un gosse aussi vilain ?

Vaincus, les parents regagnèrent leur domicile où ils se cloîtrèrent.

– Mon chéri, dit la mère à Honorat, jure-moi que nous ne recevrons plus personne.

– Je te le jure, mon amour.

– J’espère que Déodat n’a rien capté du fiel et de la médisance de tous ces gens. Tu sais, il est si gentil. Il a essayé de me téter le sein et quand il a vu qu’il n’y arrivait pas, il m’a souri, comme pour me dire que ça n’avait pas d’importance.

« Elle est en train de perdre la raison », pensa le père. Énide avait toujours été d’une extrême fragilité, tant physique que psychologique. À quinze ans, elle avait été renvoyée de l’école des petits rats de l’Opéra de Paris pour un motif inconnu dans l’histoire de cette auguste maison : excès de maigreur. « Nous ne savions pas que c’était possible », avait conclu l’examinatrice.

Affinités : 

Si vous aimez Amélie Nothomb, ou que vous voulez vous y essayez, vous apprécierez surement le livre pour son sarcasme et son cynisme. Pour faire une pause entre deux lectures aussi. Cette reprise de conte fait bien passer le temps, sans être détonnant.

Ma note : 14/20

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4 réflexions sur « Riquet à la Houppe »

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